91 – Limitez les dégâts sur le parcours

Rater un coup de golf ça peut se rattraper ! Mais en rater deux à la suite  !  Voilà la spirale infernale enclenchée. Nous savons tous d’expérience où elle mène : au trou catastrophe.

Sous le titre français  Limitez les dégâts (Damage Control en VO) Dave Pelz nous propose une méthode pour sortir de toutes les situations critiques.

L’auteur part du constat que tout golfeur peut produire un ou plusieurs coups qui le mettent en situation difficile. Or il faut bien sortir de ces mauvais pas et de préférence, en évitant de plonger dans une situation pire, ou franchement catastrophique.
Pelz pose une exigence : bien sortir d’un mauvais pas c’est assurer un coup qui  place la balle dans une situation jouable normalement et plus loin qu’elle n’aurait été si le coup fautif avait été bon.
Ce qui signifie, jouer un coup aussi long que possible dans une direction précise, pour mettre la balle en sécurité en un endroit choisi.

Autour de cette exigence Dave Pelz propose une méthode pour sortir d’affaire à tous les coups.  Il reconnait cependant qu’il peut exister des situations où il faut mieux déclarer la balle injouable et prendre un point.

Le schéma de dispersion

Limitez les dégâts
Schéma de dispersion avec un fer 7. © Dave Pelz et les Éditions Albin Michel

Pelz pose d’abord un concept : le schéma de dispersion. Chaque golfeur a son schéma de dispersion. Le mien à de fortes chances d’être beaucoup plus vaste que celui de Mickelson, pour rester entre gauchers… En gros notre schéma de dispersion dresse le constat de notre irrégularité de direction et de distance.
L’auteur insiste beaucoup sur ce concept car il faudra en tenir compte pour nous sortir de la meilleure façon possible d’une situation délicate. De plus, avec une balle mal placée, notre schéma de dispersion s’étend encore et parfois dans des proportions considérables et peut nous conduire en terrain dangereux.
La raison est simple, nous ne nous entraînons jamais à jouer en situation difficile. Au practice, nous jouons des coups simples, en situation idéale. Circonstances quasiment introuvables sur le parcours même quand tout va bien. Alors que faire quand notre balle est au pied d’un arbre ou sous un buisson ? Nous ne sommes pas préparés à répondre à cette éventualité.
Pourtant, il y a des arbres, des herbes hautes, des pentes, de l’eau, des rochers, du sable, des buissons et bien d’autres embuches sur un parcours de golf.
Dave Pelz affirme donc que pour scorer il faut  être équipé à la fois d’un golf normal et d’un golf d’urgence. Dans tous les cas il faut avoir une idée aussi juste que possible de notre schéma de dispersion. Pourtant peu nombreux sont les joueurs de loisir qui savent à quoi ressemble leur schéma de dispersion.

Pour information la montre de golf TomTom Golfer 2 donne un schéma de dispersion partie par partie pour les 18 mises en jeu et un schéma de dispersion global pour toutes les parties gardées en mémoire. Ces statistiques sont disponibles en fin de parcours sur le smartphone relié à la montre par Bluetooth.

Une méthode pour un golf d’urgence.

La méthode se développe autour de cinq axes :

1 – l’art du positionnement
Les bases du swing « normal », comment bien poser sa colonne vertébrale, déterminer une largeur de stance efficace, positionner sa balle pour un contact idéal.
2 – les formes de swing
Changer la forme de son swing selon les besoins, varier le plan de swing,  jouer dans les pentes, utiliser les effets latéraux.
3 – les jeux de mains
Comprendre les jeux de mains, l’intensité du jeu des mains, apprendre à jouer des mains.
4 – Les atterrissages dangereux
Les situations d’atterrissages dangereux, les conditions de terrain d’atterrissages dangereux, les pentes dangereuses, les greens très rapides, la notion d’alerte
5 – un cerveau bien éduqué
Cette partie est consacrée à la manière dont notre cerveau va appréhender la réalité et modifier notre façon de penser par rapport à notre swing normal.

Limitez les dégâts
La page expliquant comment produire un draw pour contourner un arbre. © Dave Pelz et les Éditions Albin Michel

Ces cinq outils nous amènent à la partie du livre consacrée à l’entraînement proprement dit. En quatre chapitres Dave Pelz nous explique comment fabriquer notre matériel d’entrainement puis nous propose des exercices très pratiques à effectuer dans notre jardin ou dans tout endroit sécurisé avec des balles creuses ou des balles AlmostGolf.

L’auteur conclut : «  Et voilà. Vous savez tout sur notre méthode de limitation des dégâts sur le parcours, vous avez les outils nécessaires pour éviter les trous et les scores désastreux ».

Ce livre édité en français par Albin Michel m’a paru intéressant dans la mesure où il constitue un tout cohérent. La méthode développée qui repose sur une analyse des situations de jeu devrait nous conduire à réduire très sensiblement les catastrophes que nous subissons tous quand nous nous égarons ou nous trouvons dans une situation inédite.

Il y a 323 pages à lire avec beaucoup d’illustrations.

Le site de PelzGolf

90 – Au golf Il y a des formations qui se perdent : la résistance au changement

Après avoir pris un cours, ou mieux avoir suivi une formation sur plusieurs jours nous avons tous ressenti une difficulté à mettre en pratique ce qui nous a été enseigné. La plupart du temps notre jeu en souffre et semble se dégrader. Que se passe-t-il ?

Au bout de ce cheminement frustrant deux hypothèses de sortie :
– l’une par le haut, nous intégrons l’apprentissage ;
– l’autre par le bas, nous revenons à nos anciennes pratiques.

Le premier scénario fonctionne pour quelques personnes. Mais hélas le second est généralement le plus probable. La résistance au changement (1) que tout individu porte en lui a produit son effet !

Ce processus agit généralement inconsciemment. Essayons de le comprendre. Continuer la lecture de « 90 – Au golf Il y a des formations qui se perdent : la résistance au changement »

89 – Au golf, le bruit vous gêne ?
C’est normal

Golfeuses et golfeurs n’aiment pas le bruit. À l’adresse, face à la balle le moindre chant d’oiseau, la moindre voix suffisent à briser la concentration d’une routine.
D’ailleurs l’étiquette nous recommande de ne faire aucun bruit, de ne pas parler, de ne pas nous déplacer, et de ne pas stationner à un endroit gênant pour celui qui s’apprête à exécuter son swing ou à putter.

Mais d’où viennent ces sortes de phobies souvent à l’origine d’échanges peu amènes sur les tees de départ ou les greens ?

Notre cerveau veille sur nous

L’une des toutes premières fonctions de notre cerveau est de veiller à la bonne conservation de notre intégrité physique. Il nous protège du danger. Parfois d’une manière consciente, par exemple en nous retenant de sauter dans le vide pour un saut à l’élastique, le plus souvent de manière inconsciente. C’est ce mode hors conscience qui  nous intéresse lorsqu’un bruit nous dérange quand nous jouons au golf.

Il faut abandonner la vision qui a longtemps primé d’un cerveau qui serait constitué de trois cerveaux, formés successivement au cours de l’évolution, et empilés les uns sur les autres. Cette théorie dite du cerveau triunique développée dans les années 1950-1960 par le neurobiologiste américain Paul MacLean est aujourd’hui obsolète. On ne peut donc plus parler  de cerveau reptilien, de cerveau limbique et de néocortex, et d’associer à chacun des fonctions précises.

Un cerveau et des systèmes composés

Par exemple il est impropre de dire que notre cerveau reptilien, considéré dans la théorie du cerveau triunique comme le plus ancien sur l’échelle de l’évolution, serait chargé de veiller sur nous depuis la nuit des temps.
Aujourd’hui les neurosciences n’associent plus une région du cerveau à une fonction.  Il n’existe pas de centre unique des émotions, de la raison, de la motricité, de la vision ou du langage. Il existe des « systèmes composés » de plusieurs petites unités cérébrales reliées. Ces unités, qui peuvent être situées dans les deux hémisphères cérébraux à des endroits très divers, travaillent ensemble, chacune fournissant sa contribution au système.

Le circuit de la peur nous protège

Notre horreur du bruit ou de tout ce qui peut nous déranger quand nous sommes concentrés sur notre jeu de golf vient du fait que ces éléments mettent en fonctionnement l’un de ces systèmes : le circuit de la peur.
La peur est une émotion liée à la notion de danger. Nos sens déclenchent cette émotion. Elle est indispensable à notre survie.

Ll’homme dispose de bien plus de cinq sens. À notre vue, notre ouïe, notre odorat, notre goût et notre toucher il faut ajouter la thermoception ou perception des températures, la nociception qui nous fait percevoir la douleur, l’équilibroception ou sens de l’équilibre et enfin la proprioception ou perception de soi qui nous permet de localiser spontanément, sans réflexion nos membres et organes.  

Le circuit de la peur. © Pierre Massot : Mieux vivre ses émotions

Nous pouvons décrire simplement le circuit de la peur.
Au point de départ, les informations venues des sens : bruits, images, impression de chaleur… Au point d’arrivée l’expression de la peur : accélération du cœur, pâleur, fuite…
Entre les deux :
– du côté des sens le thalamus,
– du côté de l’expression de la peur l’amygdale.
Le thalamus est une structure double située dans chaque hémisphère du cerveau. Il sert de relai, entre autres aux informations sensorielles.
L’amygdale  est une petite structure double en forme d’amende située dans le lobe temporal de part et d’autre de l’hippocampe. En aval elle est reliée directement aux régions du cerveau assurant l’expression de la peur.
(Emplacement des organes)

Les circuits de la peur : circuit court et circuit long. © Le cerveau à tous les niveaux.

Il existe un circuit de la peur court et un circuit long. Dans le premier cas les stimulus passent directement du thalamus à l’amygdale qui déclenche brutalement l’expression de la peur.
Dans le second cas, le circuit de la peur dit long,  permet au cortex de s’interposer entre le thalamus et l’amygdale. Le cortex retarde la réaction amygdalienne dans la mesure où il a besoin de temps pour analyser les informations sensorielles. Dans le circuit long une forme de réflexion fine entre en jeu et tempère les réactions.
Dans le circuit long, l’hippocampe peut intervenir pour mettre la mémoire dans la boucle. Il apporte des contenus mémorisés qui nous renseignent sur le contexte (un exemple souvent citer : différencier un bâton d’un serpent). Il peut aussi mettre en mémoire certaines émotions, certaines peurs susceptibles de devenir sources d’anxiété.
Les yips qui ruinent le putting de ceux qui en sont atteint pourraient avoir pour origine une anxiété liée à une peur(1).

Le bruit nous dérange ? Nous sommes simplement humains !

Et voilà pourquoi au golf certains stimulus captés par nos sens nous dérangent : un éternuement, un cri, le déclic d’un appareil photo… Ces sensations pourraient être liées à un danger et empruntent le circuit court de la peur. Dans les cas les plus simples elles détournent notre attention du golf : impossible alors d’exécuter une routine jusqu’au bout.
Dans le pire des cas (un coup de tonnerre violent et inattendu par exemple) elles provoquent un stress avec libération d’adrénaline afin de nous aider à faire face au danger du mieux possible.
D’autres stimulus nous gênent moins comme le bruit d’un avion ou d’une tondeuse. Elles permettent au cortex de se glisser dans la boucle et d’identifier rapidement et inconsciemment l’origine du bruit qui n’a rien d’inquiétant. La réaction est généralement moins violente dans la mesure où elle ne déclenche pas l’instinct de survie.

Si le bruit nous dérange au golf, si le moindre déplacement d’un partenaire nous perturbe, pas de panique, nous sommes bêtement humains ! Notre circuit de la peur s’est mis en route… Rien de plus normal !
Bien sûr, nous n’avons pas tous la même sensibilité à la peur, mais ne pas avoir peur est une pathologie !

(1) La littérature golfique française accorde peu de place aux yips, ces mouvements parasites involontaires qui terrassent jusqu’aux meilleurs au putting.
Voici un article en anglais pour ceux qui s’intéresseraient au problème.

88 – Stratégie de jeu et mimétisme

Je suis sûr que ça nous est arrivé à toutes et tous ? Au départ d’un trou, après avoir observé la configuration de l’environnement, nous saisissons notre bois 5. Sage décision !
Et nous constatons que nos camarades de jeu s’avancent driver en main. Sans plus réfléchir nous rangeons notre petit bois et sortons « l’arme fatale ».

stratégie
Il n’est pas toujours pertinent de sortir l’artillerie lourde ! La stratégie doit primer.

Bien au delà de l’anecdote nous faisons face à une question fondamentale : les décisions de nos voisins inspirent-elles les nôtres ? Une équipe de chercheurs de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (Hôpital Pitié-Salpétrière à Paris) a abordé la question avec cette interrogation : comment prenons-nous nos décisions dans la vie de tous les jours, s’agit-il d’une question de personnalité inscrite dans nos gènes ou d’un processus hérité de l’éducation et de nos interactions sociales ? Continuer la lecture de « 88 – Stratégie de jeu et mimétisme »

87 – Putting et vitesse des greens

Au putting notre attention doit principalement se porter sur trois paramètres : la ligne de putt, l’alignement de la face de club, et la vitesse de la balle.
Nous avons abordé ces trois aspects dans l’article : « Le putting – Promenons-nous sur les greens« . Concentrons nous aujourd’hui sur le cas particulier de la vitesse.

Vitesse et vision

Les pilotes de Formule 1 surnomment le célèbre circuit allemand du Nürburgring, « l’Enfer vert ». En effet, quand ils sont lancés à pleine vitesse les forêts qui bordent la piste de part et d’autre se fondent en un épais rideau vert. À cause de la vitesse, le cerveau n’est plus capable de distinguer les arbres, il a dépassé sa limite de discrimination, il ne perçoit plus qu’un mur vert.

Quand nous sommes à l’arrêt dans notre voiture notre champ de vision est de 150°. À 40 km/h il n’est plus que de 100°, à 70 km/h de 75°, à 100 km/h de 45° et à 130 km/h de 30°. Imaginez à 300 à l’heure !

A 130 km/h seule la route reste dans le champ visuel du conducteur. © Guide-vue.fr

La balle et le trou

Puisque nous sommes en plein travail d’imagination, imaginons que notre balle de golf  « voit » le trou.
Comme pour nous dans notre voiture, plus elle ira vite et plus le trou deviendra étroit pour elle. Si elle parcourt 13,4 cm/s, soit un tour par seconde la largeur du trou n’est déjà plus que de 9 cm (le trou à un diamètre de 10,8 cm). Pour 3 tours/s soit 40 cm/s la largeur du trou n’est plus que de 6,4 cm. Pour 5 tours/s soit 67 cm/s le trou ne fait plus que 3,6 cm de large et pour  7 tours/s,  1,3 cm.
Comme la balle a un diamètre minimum de 4,26 cm, si elle arrive sur le trou avec une vitesse supérieure à 4 tours/s soit 53,6 cm/s, elle ne « voit » plus le trou et n’a aucune chance de tomber au fond. Elle file par dessus comme un train sur ses rails *.

Le moment de vérité. Tombera, tombera pas ?

Pour mettre toutes les chances de notre côté et voir tomber la balle dans la coupe, nous devons donc lui donner une vitesse initiale telle que la vitesse résiduelle au trou soit inférieure à 1 tour/s (13,4 cm/s). C’est notre seule chance pour qu’elle « voit » celui-ci dans sa pleine largeur !
Si la vitesse au trou est inférieure à 3 tours/s (40 cm/s) et si la balle est bien centrée, elle peut encore tomber. Si elle est décentrée c’est la virgule assurée. La vitesse optimale pour mettre toutes les chances de notre côté est inférieure à 2 tours/s (27 cm/s). A condition toujours que la balle se présente plein trou !

On peut envisager le problème autrement. La condition pour qu’une balle tombe est qu’elle soit plus qu’à moitié entrée avant de taper l’arrière du trou. Son centre de gravité doit être en dessous du bord. Si elle tape juste sur l’équateur elle peut encore tomber mais le saut par dessus ou la virgule guettent très fortement… L’idéal, car il existe, reste que la balle n’aille pas frapper l’arrière du trou, ce qui correspond bien à une vitesse inférieure à 2 tours/s.

Abordons la véritable explication car hors de notre imagination la balle ne « voit » pas le trou ! Par contre elle est soumise à une force implacable : la pesanteur. Si elle passe sur le trou avec une énergie de vitesse supérieure à la force de la pesanteur, elle n’a pas le temps de descendre suffisamment. Elle n’entre pas.
Si la balle traverse le diamètre entier du trou (10,8 cm) en moins de 33 centièmes de seconde elle ne tombe pas. Que dire si elle n’est pas plein trou, un peu à droite ou à gauche ? Et bien nous avons une magnifique virgule alors que la balle semblait prête à tomber…
Voilà pourquoi, compte tenu de la configuration du green et de l’emplacement de notre balle, celle-ci ne peut entrer que par un endroit bien précis du trou qu’il convient de déterminer puis d’aborder dans la ligne, à la bonne vitesse.

La vitesse des greens

Nous voyons à quel point il est important d’avoir une idée de la vitesse des greens avant de nous engager sur un parcours.
Nous parlons couramment de greens lents ou rapides à partir de la sensation que nous retirons de notre expérience : la balle roule loin ou non. Cette sensation est empirique. Or il, existe un outil, le stimpmeter ou greenvite, qui permet de donner une mesure bien réelle.

Pour mesurer les vitesse des greens les jardiniers disposent d’un outil, le stimpmeter ou greenvite. L’instrument est constitué d’une réglette longue de 91 cm et large de 4,4 cm. « La règle présente une cannelure en V avec un angle intérieur de 145° afin d’y faire rouler une balle. Une encoche placée à 76 cm de l’extrémité permet de retenir la balle tant que l’inclinaison de la règle est inférieure à 20°. Lorsque la règle est soulevée progressivement et lentement par son extrémité côté encoche, l’autre extrémité reposant sur le green, la balle quitte l’encoche dès que l’inclinaison atteint 20° et roule alors le long de la règle puis sur le green où elle parcourt une certaine distance. » (Golfpédia : l’encyclopédie du golf) La distance de roule de la balle est mesurée depuis son point de contact avec le gazon jusqu’à son point d’arrêt.

Pour effectuer ces mesures le jardinier se place sur un green, à un endroit plat, aux abords d’un trou. Il fait six lâchers de balles : trois dans un sens ; trois dans le sens exactement inverse. Il obtient donc 6 mesures dont il fait la moyenne. On considère qu’un green est d’une vitesse normale si la moyenne des mesures est autour de 2 m. Elle devient lente dès 1,5 m et rapide au-dessus de 2,6 m. Les parcours préparés pour des compétitions professionnelles peuvent avoir des greens qui dépassent 3 m mesurés au stimpmeter.

Peu de golfs affichent sur leur putting green sa vitesse mesurée. Vouloir la vitesse mesurée de tous les greens tient du rêve insensé !
De plus cette donnée varie tout au long d’une journée : la rosée s’évapore, le gazon pousse, le soleil assèche les greens exposées à ses rayons…

De la théorie à la pratique

Et puis soyons honnêtes, connaître cette mesure ne va pas nous permettre de calibrer notre putting comme par miracle. Elle ne sera qu’une indication : en dessous de 2 m le green est lent, en dessus il est rapide. Ce n’est guère suffisant !

Il faut donc tâter du putting green avant de se lancer sur le parcours… Il faudrait même y passer un peu de temps pour que notre cerveau s’approprie la vitesse de roulage. Espérons que cette vitesse soit à peu près semblable à celle des greens.
Sur le green, une fois le point d’entrée et la ligne de putt déterminés, putter en main, face à la balle, c’est une évidence nous n’avons que notre cerveau pour déterminer l’intensité de la frappe qui conduira la balle face au trou à la bonne vitesse. Et les données du problème restent au nombre de  deux :
– la pente : montée ou descente,
– la vitesse du green.
Ne parlons pas des irrégularités du gazon qui risquent dévier la balle d’autant plus que sa vitesse est faible aux abords du trou !
Il faut pourtant intégrer tous ces paramètres. Pas si facile le putting !
Pour évaluer la vitesse et donner à notre frappe la bonne intensité nous ne pouvons compter sur aucune aide technologique. Il ne reste plus que la pratique, donc un réel entrainement.

Au final, comme toujours : l’entraînement

Geoff Mangum

Encore faut-il s’entraîner correctement. Il existe de nombreuses méthodes d’apprentissage du putting. Toutes s’inspirent plus ou moins, et souvent sans l’avouer, des travaux de Geoff Mangum, un coach américain qui a consacré et consacre toujours sa vie au putting. Geoff Mangum a créé la méthode Putting Zone.
Il enseigne encore, vient de temps en temps en France où il intervient dans le cadre de la PuttingZone Academy France. Laurent  Jockschies qui anime cette Academy s’emploie à répandre la méthode de Mangum en France. Laurent a déjà formé les premiers bataillons de pros certifiés qui officient maintenant dans nos clubs. Il devient donc relativement facile de trouver une formation Putting Zone.

De nombreuses vidéos de Goeff Mangum sont visibles sur YouTube (toutes en anglais). Il y a aussi quantité de vidéos en français de Laurent Jockschies.

Il existe d’autres méthodes, d’autres approches. Les académies Leadbetter propose « One Putt ». Toutes les écoles Golf Academy proposent des stages de putting. Triangulaid a sa méthode. Joël Bernard édite une formation vidéo. Je n’ai pas pratiqué ces méthodes, je ne peux donc en parler.
Je vous avais mis il y a déjà plusieurs mois les 4 vidéos du cours d’Edouard Montaz dans l’article consacré à la vision humaine.

Une recherche sur internet avec « stage putting » donne une idée de la richesse de l’offre !  Il faut simplement  choisir une méthode et s’y tenir, sous peine de confusion.

Faites régler votre putter par un clubmaker compétent. C’est le meilleur investissement matériel que vous pouvez faire.
Beaucoup plus « rentable » en gain de points que l’achat d’un nouveau driver…

 

*Les chiffres de ce paragraphe sont empruntés à Golf et Science écrit sous la direction de Mark Smith paru aux éditions Vigot.