Le golf, un sport d’équilibre

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Le golf un sport d’équilibre. Nous l’avons oublié, mais apprendre à marcher n’a pas été une mince affaire. Outre les capacités physiques dont nous avons du faire preuve, nous avons dû vaincre la gravité pour acquérir un bon équilibre.
Depuis nous sommes des experts en gravité et en équilibre. Deux expertises que nous utilisons tout au long de nos vies et dont nous avons le plus grand besoin au golf.

La gravité est la source première de l’énergie que nous utilisons pour transmettre de la vitesse à la tête d’un club et l’équilibre est l’attitude qui assure une transmission optimale de cette énergie à la balle.
Il faut un bon équilibre tout au long du swing pour que la tête de club rencontre la balle au bon endroit, perpendiculairement à la bonne direction et pour que l’impact se fasse au sweet spot.

Plus généralement l’équilibre est une « attitude ou position stable d’un corps ou d’un objet dont le poids est partagé également des deux côtés d’un point d’appui, de sorte que ce corps ou cet objet ne bascule ni d’un côté ni de l’autre ».

Pour nous humains bipèdes cet état d’équilibre s’accompagne d’une sollicitation minimale des muscles. Lorsque nous sommes debout en équilibre, nous sommes au repos. Toute modification de cet état mobilise plusieurs muscles. Si besoin, pas moins de 300 muscles peuvent être actionnés pour rétablir l’état d’équilibre.

Pour nous golfeurs, un état d’équilibre statique est à rechercher à l’adresse dans une bonne posture.

le golf un sport d'équilibre
A l’adresse une bonne posture est indispensable. Tout le swing en dépend.


Ensuite, tout au long du swing le challenge va consister à maintenir un bon équilibre dans le mouvement, donc dans la dynamique, sans avoir à produire des gestes parasites pour y parvenir !

Tentons une explication un peu plus scientifique. (Lecture facultative)
Selon les lois de la mécanique newtonienne, l’équilibre postural repose sur deux conditions :
– la somme des forces qui s’appliquent au corps considéré doit être égale à zéro (ΣF = 0), ce qui signifie qu’il n’y a pas de mouvement de translation.

Pour le golfeur pas de sway droite-gauche, pas de bascule avant-arrière, pas d’ascenseur haut-bas ;

– la somme des moments (résistances) doit être égale à zéro (ΣMt Fext = 0), ce qui signifie qu’il n’y a pas de mouvement de rotation non compensé.

Pour le golfeur quand l’ensemble bras-club part à droite au backswing, la masse du bas du dos part à gauche pour maintenir un moment neutre. Et l’inverse au downswing.

Le maintien de l’équilibre sous-entend :
1. que les lois de la mécanique soient respectées, donc que la somme des forces et que la somme des moments soient égales à zéro ;
2. que l’activité des forces musculaires s’adapte en permanence pour parvenir à cette prouesse.

Pour satisfaire ces conditions la solution est dans le rythme du swing, dans le bon placement des accélérations et décélérations. Au final dans la façon dont nous adaptons notre activité neuro-musculaire pour maintenir un équilibre efficace, sans gestes parasites de compensation.

En gros la proprioception nous permet de savoir en permanence, sans qu’il soit besoin d’y réfléchir, où se situe, dans l’espace, la moindre partie de notre corps par rapport à notre centre de gravité, situé entre le nombril et le pubis. Il s’agit en quelque sorte d’une liaison entre le corps et le cerveau.

Si nous étendons un bras, la proprioception nous permet de percevoir instantanément où se situe dans l’espace n’importe lequel des doigts de la main au bout du bras…

Ce sens mobilise de nombreuses informations venant de la peau, des ligaments, des tendons, mais aussi de l’oreille interne et de la vue. Bien des troubles de l’équilibre trouvent leur source dans un déphasage entre ce que notre oreille interne perçoit et ce que nos yeux voient.

Voici une courte vidéo (5 min) qui explique les problématiques de l’équilibre chez l’homme
Les pieds

Les pieds jouent un rôle capital dans notre équilibre. La plante des pieds est sensible à des variations de l’ordre de 5 microns de déformation et de 1 gramme de pression.
Les capteurs de la cheville sont plus sensibles au maintien de l’équilibre que les capteurs vestibulaires de l’oreille interne.

Pas étonnant que certains golfeurs font confiance à leurs pieds pour évaluer la pente d’un green !

le golf un sport d'équilibre
La puissance du golfeur vient du sol et passe par ses pieds

Le pied se retrouve au final avec trois fonctions essentielles :

  • Supporter le poids du corps et lutter contre la gravité.
  • Adapter le positionnement du corps aux irrégularités du sol.
  • Adapter l’équilibre malgré les contraintes mécaniques qui s’exercent sur le corps.

Pour toutes ces raisons nos pieds méritent bien un minimum d’attention. Notre puissance vient de nos pieds. C’est vrai dans la vie de tous les jours, c’est vrai au golf .

Pour notre jeu il n’est pas anodin de bien se positionner les pieds solidement ancrés au sol. Il n’est pas sans importance de lever un pied ou l’autre, ou de les garder tous les deux au sol.

La posture

Disons qu’une bonne posture a pour fonction de nous placer dans une situation idéale d’équilibre, avant le début su swing. Selon notre profil biomécanique nous sommes terriens ou aériens. Dans le premier cas notre équilibre est parfait quand nous sommes en appui sur l’arrière de nos pieds, dans le second cas quand nous sommes en appui sur la plante des pieds ?

A l’adresse nos genoux sont pliés, nos jambes marquent un angle avec le tronc, le bas du dos pointe vers l’arrière.

le golf un sport d'équilibre

À l’adresse nous avons créer plusieurs angles au niveau du tronc, des genoux, des chevilles, des bras.
On nous a souvent répété qu’il faut maintenir ces angles ! Difficile car la seule solution serait de ne pas bouger. Tout comme maintenir la tête fixe et les yeux sur la balle pendant le swing revient à ne swinguer qu’avec les bras, sans bouger le corps…

Quand nous passons au swing lui-même, tout notre corps bouge. C’est une des conditions requises pour donner un maximum de vitesse à la tête du club. Mais notre corps ne doit pas bouger n’importe comment.

C’est pendant le swing que la notion d’équilibre dynamique prend tout son sens. Il ne faut pas détruire l’acquis de l’équilibre statique de l’adresse. Tout déplacement intempestif de notre centre de gravité est à éviter. Ni de droite à gauche, ni de haut en bas, ni d’avant en arrière. Ni sway, ni ascenseur, ni balançoire !
Dans les trois cas la solution est dans un bon équilibre. La bonne nouvelle est que la solution existe. Elle tient dans un bon rythme, interprété dans un bon tempo.

Rappelons les définitions.

– Le tempo caractérise la durée de notre swing. Il est lent ou rapide. Il est difficilement modifiable

– Le rythme est le bon placement des accélérations et des décélérations dans la séquence complète du swing

Ces deux paramètres jouent un rôle capital dans le maintien d’un bon équilibre.

Pour détruire un bon équilibre en adoptant un mauvais rythme et un mauvais tempo, le pire est de se précipiter,

– En se jetant dans le backswing de manière désordonnée : normalement le club et le corps doivent bouger en même temps…

– En ayant la ferme volonté d’aller finalement frapper violemment la balle.

L’idéal serait donc :

– À la montée de respecter son tempo naturel et d’accélérer jusqu’en haut.

– La descente va s’enclencher toute seule. À un moment il sera impossible d’aller plus haut.

– La descente est un mouvement coordonné des hanches qui s’effacent en tournant, des bras qui se déroulent et des poignets qui se désarment. Le tout aboutit à transmettre l’énergie acquise à la balle au bon moment, au bon endroit, dans la bonne direction.

Si tout est bien calé cette transmission d’énergie se fait sans qu’il soit nécessaire d’y penser. La balle n’est pas l’objectif. L’objectif, le focus, est loin devant, la libération se fait vers lui.

Dans cet ensemble la coordination dépend :

– D’un bon équilibre. Toute perte d’équilibre introduit des mouvements réflexes parasites afin d’éviter la chute.

– D’un bon relâchement. Or toute perte d’équilibre nuit au relâchement et toute absence de relâchement induit une perte d’équilibre.

C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue !

Le relâchement bien sûr, nous y revenons toujours ! Au golf la moindre crispation entraîne une perte d’équilibre donc des gestes de compensation et une moindre efficacité dans le swing.

Ce blog contient plusieurs articles sur l’équilibre du mental.
Trois choses sont essentielles pour préserver son mental dans la vie comme sur les parcours :

– choisir de vivre dans le présent
– pratiquer le lâcher prise (https://www.ogolf.fr/relachement-lacher-prise/)
respirer !


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