Le mental au golf. Quel mental ?

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Quand nous débutons le golf nous nous ruons tous vers l’apprentissage de la technique. C’est une bonne précaution ! Puis, un peu plus tard nous découvrons que la technique ne fait pas tout. C’est alors que surgit un concept supplémentaire : le mental !

Notre premier contact avec le mental se produit souvent au travers de quelques citations inévitables :

« Le golf est 95% mental. Lorsqu’on joue mal, on n’a pas besoin d’un pro mais d’un psy » (Mark Twain)
« Le golf est 100% mental et 100% technique ! » (Ben Hogan)

Si nous ajoutons le ton péremptoire avec lequel ces phrases définitives sont prononcées, elles ne nous renseignent guère sur ce fameux mental :
– qu’est-ce que nous appelons le mental ?
– En quoi il est utile au golfeur d’avoir un mental solide ?

le mental au golf
Pas loin ! Inutile de maudire les dieux du golf.

Avoir un bon mental, c’est en gros résister aux aléas et aux pressions qui surviennent ici et là tout au long d’une partie de golf. Mais l’affaire n’est pas spécifique au golf. Les situations sont nombreuses dans la vie de tous les jours où nous devons faire face.

Faire face à quoi ? Et bien ça dépend de tout un chacun. Tel se fait une montagne d’une remarque de son chef, de son conjoint, de son partenaire de jeu, alors qu’un autre n’y prêtera aucune attention.
Le mental est la faculté que nous avons de répondre à une agression. Pas toujours violente d’ailleurs.

Nous avons même un mot pour designer l’état dans lequel nous plonge cette agression : le stress.

Si ce qui nous stresse est différent de ce qui stresse notre voisin, le phénomène fait appel aux mêmes ingrédients pour se manifester chez tout un chacun.

D’après les psychologues, ces ingrédients sont au nombre de quatre. Le stress survient quand nous vivons au moins une des situations suivantes :

Contrôle : nous sentons que nous n’avons aucun ou très peu de contrôle sur la situation.
Imprévisibilité : quelque chose de complètement inattendu se produit et nous ne pouvons pas savoir à l’avance ce qui va se produire.
Nouveauté : quelque chose de nouveau que nous n’avons jamais expérimenté se produit.
Égo menacé : nos compétences et notre égo sont mis à l’épreuve.

Les psys disent que le stress fait son C.I.N.É. (contrôle – imprévisibilité – nouveauté – égo).

Inutile de développer les cas qui peuvent se présenter sur un parcours de golf et qui sont susceptibles de nous faire perdre le contrôle de la situation, d’être imprévisibles, ou nouveaux ou capables de faire douter de nos compétences golfiques.

Et bien le mental n’est rien d’autre que ce qui va nous permettre de résister à toutes ces situations. Notre mental caractérise notre résistance au stress.

Pourquoi le golf, un sport réputé paisible, peut-il générer une ou plusieurs situations C.I.N.É. et donc du stress ?

Parler de mental n’a de sens que dans la durée d’une partie et ce pour trois raisons :

1 – Un swing de golf dure au maximum 3 secondes. Pour un golfeur moyen qui joue 100, son temps effectif de jeu est de 5 minutes ! Sur une partie de 4 heures il lui reste 3h et 55 min pendant lesquelles il va continuer de jouer au golf dans sa tête. Il gamberge, l’usine à fabriquer du stress peut fonctionner et c’est là, entre autres, que le mental peut avoir un effet positif ou négatif.

2 -En fait le jeu de golf ne laisse que peu de répit au joueur. Chaque coup compte, les zones à pénalité, sournoises, guettent. Chaque coup est unique et se construit sur une page blanche. Il est donc nécessaire de mobiliser en soi des ressources et de faire des choix. Et il n’est pas toujours aisé mentalement de faire 100 choix à la suite. Un toutes les deux minutes en gros pendant une partie. C’est là où il convient d’être solide.

3 – Contrairement à d’autres sports qui permettent d’évacuer le stress dans un effort physique, le golf n’offre pas cette possibilité. Même si le swing nécessite de développer une certaine énergie, il n’a pas une existence suffisamment longue pour jouer un rôle d’exutoire et nous débarrasser de notre stress. Et tout au long de la partie ce dernier s’accumule, comme la vapeur dans un cocotte minute.

Le stress est aussi une réponse physiologique d’adaptation de l’organisme qui nous permet de réagir à notre environnement changeant.

le mental au golf
Attention ! Alerte ! Rester positif.

La réponse physiologique de l’organisme se déroule en 3 phases.

L’ALARME : l’organisme se prépare au combat ou à la fuite. Dès qu’une situation stressante est repérée l’organisme produit des hormones, dont l’adrénaline. Celles-ci accélèrent la fréquence cardiaque, augmentent la tension artérielle, les niveaux de vigilance, la température corporelle… Ces modifications ont pour but de préparer l’organisme à réagir en amenant par exemple de l’oxygène aux organes qui vont être sollicités.
LA RÉSISTANCE : si la situation persiste. D’autres hormones sont produites Elles sont chargées d’augmenter le taux de sucre dans le sang pour apporter l’énergie nécessaire aux muscles, au cœur et au cerveau et y maintenir un niveau constant de glucose. L’organisme se prépare aux dépenses énergétiques que nécessitent la réponse à la situation stressante. Des récepteurs du système nerveux central détectent les quantités libérées dans le sang et adaptent leur production.
L’ÉPUISEMENT : si la situation se prolonge ou s’intensifie. Les capacités de l’organisme sont débordées. L’organisme est submergé d’hormones activatrices. Si les tentatives de modification de la situation se révèlent inopérantes, il y a danger pour la santé.

Certes, au golf l’épuisement paraît une option excessive. Mais comment expliquer ceux qui râlent dans leur coin, ceux qui hurlent des jurons, ceux qui cassent leur club, ou encore ceux qui quittent une partie sans un mot.

Sans aller à ces extrémités comment expliquer la fatigue mentale qui survient vers le 14 ou 15ème trou un jour de partie passable, voire mauvaise ?

Le stress est l’ennemi du golfeur. Il est le plus grand pourvoyeur de coups immanquables… manqués, d’erreurs d’évaluation de nos capacités, de la perte des angles de posture, de grattes, de tops, de slices. Bref le stress nous fait déjouer.
Alors oui il faut un bon mental pour jouer au golf

Tentons un inventaire.

  • Un bon mental nous garantit de limiter les pertes de contrôle.
  • Un bon mental nous permet de percevoir l’alarme alors qu’elle clignote à peine.
  • Un bon mental nous assure de conserver notre lucidité devant l’imprévisible.
  • Un bon mental nous fournit au moins une solution en présence d’une nouveauté.
  • Un bon mental sait faire taire notre égo.
  • Un bon mental nous aide à organiser la résistance quand il faut se battre jusqu’au bout dans une partie difficile

Alors comment acquérir ce bon mental miraculeux ?

Il faut tout d’abord se persuader que le mental, c’est tout sauf miraculeux : c’est du travail. Travail sur soit même d’abord.

Travailler son mental, c’est accepter de jouer dans le présent, c’est avoir une routine solide, ce sont des coups d’essai exécutés avec soins, c’est jouer avec ses sensations. Un bon mental c’est aussi connaître et respecter les règles. Bref c’est tout ce qui se trouve sur ogolf.fr !

Pour en savoir plus lisez l’article de la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau


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