Putting : agrandissez le trou par la pensée

Temps de lecture : 4 minutes
Vues : 31

Que ce trou au milieu du green est petit ! Il semble même plus petit qu’hier… « Semble » est le mot juste. Car si d’un golf à l’autre, d’un jour à l’autre, son diamètre est invariable, notre perception, elle, est terriblement élastique. Et si le secret des grands putteurs tenait en une phrase : apprendre à voir le trou plus gros ?

Historiquement, les premiers trous de golf n’avaient rien de scientifique : on utilisait un simple tuyau de drainage ordinaire pour les creuser. En 1829, au Royal Musselburg Golf Club en Écosse, on invente la première carotteuse. Son diamètre ? Celui d’un tuyau de drainage, 4,25 pouces (soit 108 mm). La mesure est officialisée et n’a jamais bougé depuis.

Pourtant, malgré cette norme séculaire, le trou reste l’objet de toutes les controverses… et de toutes les illusions.

Pourquoi un trou nous paraît-il parfois minuscule ? C’est une affaire de perception. L’illusion d’Ebbinghaus illustre parfaitement ce piège :

Entre les deux cercles orange, lequel a le plus grand diamètre ? Vous connaissez la réponse. En réalité les diamètres sont identiques mais les cercles qui les entourent (gros et éloignés du cercle orange à gauche, petits et près du cercle orange à droite) font percevoir celui de droite plus gros.
  • Un cercle entouré de gros objets paraît plus petit.
  • Le même cercle entouré de petits objets paraît plus grand.

C’est sur cette faille de notre cerveau que la chercheuse Jessica Witt (Université Purdue, USA) a bâti une étude aux conclusions stupéfiantes.

En 2008, en interrogeant 46 golfeurs à la fin de leur parcours, Jessica Witt a constaté une corrélation directe : ceux qui avaient réalisé les meilleurs scores percevaient les trous comme étant plus larges.

Mais l’inverse est-il vrai ? Peut-on mieux jouer en changeant sa perception ? En 2012, elle réalise l’expérience inverse en laboratoire : en projetant des petits cercles autour d’un trou plus petit que la normale (utilisant l’illusion d’Ebbinghaus), elle fait apparaître le trou plus grand aux yeux des joueurs. 

Résultat : la performance de putting s’améliore de 10 % !

🔍 Focus : L’expérience de Jessica Witt

Le protocole qui a bousculé les certitudes.

Pour prouver le lien entre l’œil et le score, la chercheuse a utilisé une méthode simple mais imparable. Elle présentait aux golfeurs une affiche comportant une série de cercles noirs allant de 9 à 13 centimètres de diamètre.

  • L’expérience de 2008 : Après leur parcours, les joueurs devaient désigner sur l’affiche le cercle qui correspondait, selon eux, à la taille du trou qu’ils venaient de jouer.
    • Le constat : Les joueurs « en forme » (meilleurs scores) pointaient systématiquement les plus grands cercles (12-13 cm). À l’inverse, ceux ayant connu une journée difficile désignaient les cercles les plus petits (9-10 cm).
  • L’expérience de 2012 : En laboratoire, elle utilise l’illusion d’optique (cercles projetés autour du trou).
    • Le résultat : En faisant croire au cerveau que le trou était plus grand, les joueurs réussissaient 10% de putts en plus.

La conclusion de Witt : Notre perception n’est pas une constante physique, c’est une construction mentale liée à notre niveau de confiance. En résumé : On ne putte pas ce que l’on voit, on putte ce que l’on croit.

Si la science prouve que « voir gros » fait rentrer plus de putts, comment appliquer cela sur le parcours ?

1. Utiliser la vision fovéale

Notre rétine possède une zone centrale (la fovéa) où les récepteurs sont ultra-concentrés.

  • Le conseil : Fixez le trou intensément pendant au moins 4 secondes avant de jouer. En utilisant cette vision ponctuelle, vous « gravez » une image nette et large du trou dans votre cerveau. C’est la phase de réglage indispensable.

2. Le jingle de la confiance

La confiance est le pont entre la perception et la réussite. Pour éviter que le stress ne vienne rétrécir le trou, adoptez ces quatre réflexes :

  • Soyez bon avec vous-même : Ne vous dénigrez pas. Au golf il suffit que la balle soit jouable pour « rester en vie ».« La balle est jouable » est un bon jingle à se répéter quand c’est vrai.
    Si ce n’est pas le cas répétez-vous : « Je suis bien plus que mon golf. Mes valeurs me guident»
  • Respectez votre routine : Elle est votre sanctuaire, l’endroit où vous êtes « chez vous ».
  • Gérez le stress : Respirez, alimentez-vous et marchez en pleine conscience entre les coups.
  • Utilisez une « ancre » : Rappelez-vous la sensation précise d’un putt gagnant que vous avez réussi par le passé.

Nous y voilà : la performance nourrit la confiance, la confiance agrandit la perception, et la perception booste la performance. C’est le cercle vertueux de la gagne.

Le trou de golf fera toujours 108 mm pour l’intendant du parcours. Mais pour vous, dès demain, il peut faire la taille d’une bassine. Il suffit de se mettre le trou dans la tête, de respirer, et de laisser la magie (ou plutôt la science) opérer.

« La réussite au putting est une alchimie entre trois mondes : la géométrie implacable de la ligne de chute (voir l’article sur Templeton), la précision sensorielle de vos appuis (découvrir la méthode AimPoint) et, enfin, la magie de votre perception mentale. En maîtrisant ces trois piliers, vous ne vous contentez plus de pousser une balle : vous commandez à la réalité de s’adapter à votre talent. »

Sur ogolf.fr 5 articles sur le putting :
– le putting grip et stance
– Les 4 vérités du putting
– Une routine de putting
– AimPoint® : la science au bout des doigts
– Putting : agrandissons le trou par la pensée


Mots clés