Jouez avec vos intentions

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Comment une intention, pure production de mon esprit, peut-elle guider ma balle ? Est-il possible de conseiller à un golfeur : « joue avec tes intentions ».

Larousse donne une définition simple de l’intention : « Disposition d’esprit par laquelle on se propose délibérément un but. »
Définition intéressante dans la mesure où elle amène la notion de but. Une intention serait liée à un but. Ce lien donnerait à toute intention une existence un peu plus matérielle.

Dernièrement une équipe lyonnaise de chercheurs est arrivée à une conclusion qui situe l’intention par rapport à l’action. Ils l’ont formulée ainsi : « Ce n’est pas parce que je bouge que j’ai conscience du mouvement, mais parce que j’ai une intention préalable de bouger ». Autrement dit ce n’est pas parce que je bouge que j’ai la sensation que je bouge, mais parce que j’ai eu l’intention de bouger : l’intention précède et déclenche la sensation.

Mais puis-je dire que mon intention guide ma balle ?
Non, ce serait de la magie. Dans le monde réel plusieurs expériences réalisées par de nombreuses équipes de chercheurs montrent que si l’intention précède et déclenche la sensation, elle précède aussi l’action.
La question devient alors : peut-on utiliser une intention pour déclencher l’action ?

Est-ce mon intention qui guide ma balle ? © Golf Technic

À ce stade nous pouvons avancer qu’une intention va induire trois choses :
– elle va donner un but : pour le golfeur envoyer la balle à un endroit choisi.
– elle va permettre de visualiser : pour le golfeur visualiser le trajet de sa balle : la jouer tout droit ou la faire tourner à droite ou à gauche ?
– elle va préparer le cerveau à guider le corps pour atteindre la cible selon le chemin déterminé.

Si nous tentons de traduire tout ça de manière encore plus pratique nous obtenons 5 items qui doivent être nos guides. Ils couvrent les trois dimensions de notre golf : le mental, la technique et le physique.

1 / L’intention

À ce stade mon intention me donne une cible. Je sais où je veux aller. Au golf comme ailleurs dans la vie, « Il n’est pas de vents favorables pour celui qui ne sait où il va » (Sénèque, philosophe et homme politique romain, mort en l’an 65).

jouez avec vos intentions
Mon intention me donne un but, une cible

2 / La visualisation.

La visualisation est la première étape vers la matérialisation de l’intention. Elle va déterminer le meilleur chemin pour atteindre ma cible. C’est la répétition générale du coup de golf. Elle prépare mon cerveau à délivrer les bonnes consignes à mon corps.

De nombreuses expériences ont montré que la visualisation d’un geste ou d’une séquence de gestes valait le geste ou la séquence de gestes.

jouez avec vos intentions
La visualisation donne du corps, de matérialité à mon intention

3 / Le bon grip.

Dans la mesure où il est le seul point de contact entre mon corps et mon golf, via le club, il est le passage obligé pour la réalisation de mon intention et l’exécution de ma visualisation.
Avoir le grip adapté à ces deux paramètres (intention + visualisation) est une clé de la réussite. Et il n’est même pas exclu, mais ça reste à démontrer, que ce soit mon intention qui adapte réellement mon grip ? Grip fort, grip faible, grip neutre, le choix se fait souvent tout seul, avant que notre attention se porte sur le grip lors de la préparation du coup.

4 / La bonne posture. Équilibre statique
Une bonne posture assure deux choses : l’équilibre du swing et la libre circulation de l’ensemble bras-club devant le corps.
Sans bonne posture je ne permets pas à mon corps de réaliser correctement ce que mon cerveau lui demande.
Rechercher une posture en équilibre résout tous les problèmes de pentes et de situations baroques. Il suffit d’être dans une position qui annule les forces de déséquilibre. Pour autant le coup n’est pas forcément joué !

5 / En équilibre tout au long du swing. Équilibre dynamique

L’équilibre est affaire de maîtrise des masses et des poids (masse et poids ? voir l’encadré ci-dessous).
Le swing de golf est un geste dynamique. Deux phénomènes se produisent lors de son exécution :
– des déplacements de masses essentiellement de l’ensemble bras-club et du postérieur ;
– des variations de poids dues aux accélérations et ralentissements de l’ensemble bras-club.

Toute cette « gesticulation » même bien coordonnée peut entraîner des pertes d’équilibre.
Ne pas se laisser entraîner par les déplacements de masses et par les variations de poids peut se traduire simplement :

– pas de sway de droite à gauche.
– pas d’ascenseur de haut en bas.
– pas de balancement d’avant en arrière.

Pour réussir cette stabilisation, mon centre de gravité, situé en gros derrière notre nombril, doit garder une position aussi stable que possible dans l’espace. Sans pour autant se sentir clouer à un poteau de torture au niveau du nombril !

C’est ici le sens de proprioception qui est à l’œuvre, c’est à dire la conscience que nous avons de notre corps dans l’espace.

Les pros nous conseillent de maintenir nos angles. Mais il est impossible de swinguer et de surveiller la dizaine d’angles, des bras, avant bras, genoux, chevilles, épaules, torse…
Il suffit de surveiller son nombril et tout est sous contrôle ! Je ne dis pas que tout est réglé. Il est toujours très utile de consulter régulièrement un pro !

Masse et poids, ne pas confondre
La masse est la quantité de matière (atomes) dont un corps ou un objet est composé. Elle s’exprime en kilogrammes (kg). Elle est constante dans tout l’univers.
Le poids pour sa part, mesure la force d’attraction qu’exerce un astre sur une masse. Cette force d’attraction est d’autant plus grande que l’astre a une masse élevée. Un poids s’exprime en Newton (N). Il varie d’un astre à un autre. Mais sur tous les astres tout ce qui a une masse a un poids.
Les balances indiquent une masse en kg, mais après avoir effectuer un calcul. Elles utilisent le poids exercé sur les capteurs de charge pour en déduire la masse, en tenant compte de la gravité terrestre. En sautant sur le plateau de la balance nous créons une accélération et une augmentation temporaire de notre poids.
Sur Terre où l’accélération de la pesanteur est de 9,81 N par kg, le poids d’une personne dont la masse est de 80 kg sera de 784,8 N (80 x 9,81 = 784,8).
Sur la Lune où l’accélération de la pesanteur est de 1,62 N/kg la même personne aura un poids de 129,6 N (80 x 1,62 = 129,6).
Dans l’usage courant nous confondons masse et poids. Ce n’est pas très important dans la mesure où les deux sont reliés et proportionnels. Jusqu’au XIX° siècle on ne distinguait pas la masse du poids.
L’habitude perdure sans dommage, sauf quand on entre dans le domaine de la physique. Par exemples pour envoyer une fusée vers Mars ou plus simplement un avion dans la haute atmosphère où l’accélération de la pesanteur diminue en fonction de l’éloignement du centre de la Terre.
Et dire qu’un nouveau-né pèse 3,5 kilogrammes est plus parlant que de déclarer que son poids sur Terre est de 34,3 Newtons !

Non tout n’est pas réglé. Nous avons juste suivit le bon chemin pour transformer notre intention en un coup de golf respectable. De l’intention au swing il n’y a que 5 pas. Certes, mais tout part de l’intention qui reste l’élément le plus positif qui existe pour réaliser un coup de golf.

Pas d’intention, pas de plaisir du golf et tout simplement pas de golf. Ne laissons pas la main au hasard !
Ayons l’intention de faire ce que nous allons faire ! Jouez avec vos intentions

Une expérience réalisée en 1983 par le psychologue américain Benjamin Libet (1916-2007) avait montré que nous n’étions pas tout à fait maître de nos intentions et qu’une activité neuronale précédait l’existence de l’intention. Il s’en était suivi un débat pas toujours aimable sur le libre arbitre avec en toile de fond la question : sommes nous totalement déterminés par l’activité de nos neurones ? (Pour en savoir plus sur l’expérience de Libet et sur Libet lui-même)