La vision humaine, outil de précision

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La vision est la perception que nous avons des rayons lumineux émis ou réfléchis par notre environnement. Elle met en œuvre des processus physiologiques et psychologiques. L’œil est l’organe récepteur de la vue mais il n’est pas seul à intervenir dans le mécanisme de la vision. La vision humaine est un phénomène global qui fait appel à de nombreuses ressources dans notre cerveau.

Dans les informations que reçoit un individu de ses sens pour gérer ses rapports à son environnement, environ 70% lui parviennent par la vision. Ce qui explique que la vision soit considérée comme le sens le plus important.

vision humaine
Coupe de l’oeil humain. © BLOG TOOMED

Il serait fastidieux d’énumérer les domaines où la vision joue un rôle primordial. De la fonction vitale d’appréciation du danger, aux besoins relationnels avec d’autres personnes ou animaux, le champ apparaît vaste.

Nos yeux recueillent des données brutes, pas très précises, plus ou moins déformées. Ils abandonnent au cerveau le soin de transformer ce flux en informations cognitives utiles. Et c’est notre mémoire qui est mise à contribution dans cet exercice capital.
Un exemple simple. Quand nous apercevons la tête de notre voisin au dessus de la haie du jardin, nous n’imaginons même pas un instant que cette tête se balade toute seule. Nous savons qu’au dessous, le corps du voisin est là. C’est la mémoire que nous avons de notre voisin qui intervient…

Inutile d’entrer plus avant dans les mécanismes de la vision. Il existe sur internet des tas d’articles fort bien faits, ne serait-ce que celui de Wikipedia qui a le mérite de mettre l’accent sur toutes les questions qui restent en suspend pour bien comprendre comment nous « voyons ».

L’homme voit la forêt avant l’arbre. Contrairement à la plupart des animaux y compris les primates, il met en œuvre une perception visuelle globale avant de percevoir ensuite les détails.
Cette capacité permet une reconnaissance rapide et efficace de tout ce qui nous entoure. Nous partageons cette capacité avec les abeilles.

Cette vision globale permet au golfeur d’analyser d’un seul coup d’œil la configuration d’un trou. Du moins la partie qu’il peut voir depuis son point d’observation.
Grâce à cette faculté nous pouvons placer sur cette image globale les choses intéressantes à garder en tête comme les bunkers, les arbres, les obstacles d’eau…

Cette vue globale, cette carte, va demeurer en mémoire perceptive tout au long du trou. Même de manière inconsciente elle va nous guider dans le choix de nos cibles, coup après coup.

Attention toutefois, la carte n’est pas le territoire. Notre vision globale a besoin d’être complétée, affinée par la faculté d’effectuer des mises au point plus précises.

Ici nous parlons de la vision nette, celle qui se crée au centre de la rétine sur la fovéa, la zone centrale de la macula (voir la coupe ci-dessus). Le champ de vision délivré par la fovéa est de 5 degrés autour du point observé.
Grâce à la vision ponctuelle, nous pouvons situer sur le parcours, le point le plus propice pour y placer notre balle en préparation du coup suivant.

La vision humaine n’est ni instantanée ni fluide. Elle se fait de manière rapide au rythme de 40 unités d’informations (images) par seconde.

C’est le phénomène dit de persistance rétinienne qui lisse le passage entre les images. En fait cette illusion de persistance est crée par le temps de traitement biochimique des signaux optiques par la rétine, plus leur temps d’acheminement vers le cerveau.

Ce que l’on nomme persistance rétinienne est la capacité de l’œil et du cerveau à superposer une image déjà vue aux images que l’on est en train de voir.

vision humaine

Aussi petit qu’il soit, un trou de golf est encore un objectif trop vague pour notre cerveau.

C’est au putting que nous avons le plus besoin de précision. C’est le point exact où nous voulons faire entrer la balle dans le trou qui va être notre cible. Il est donc primordial de savoir déterminer précisément ce point de chute.

Comme la vision nous délivre l’intensité à donner à chaque putt, il est aussi possible de fixer l’arrière du trou, pour éviter que la balle ne stoppe juste sur le point d’entrée, sans tomber.

De manière inconsciente, dans notre vie quotidienne, nous accordons une préférence à la vision globale ou à la vision ponctuelle. Nous pouvons en prendre conscience quand nous sommes devant une page où il faut trouver l’intrus dans une suite de signes semblables. Les globaux vont percevoir la page et trouver quasi instantanément la « coucou » qu’ils cherchent, alors que les ponctuels vont devoir balayer les lignes une par une.

À part au putting où la vision ponctuelle doit obligatoirement être mobilisée pour désigner au cerveau le point d’entrée de la balle dans le trou, les « globaux » n’ont aucun intérêt à se concentrer sur un endroit précis. Aussi, que nous soyons « global » ou « ponctuel », quand nous avons déterminé notre cible, laissons agir notre cerveau. Il a ses habitudes de fonctionnement, ne le forçons pas si nous ne voulons pas le déstabiliser.


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