45 – L’énergie d’un moment pour gagner en distance

Nous en avons déjà parlé, le vrai moyen de gagner de la distance sur un swing, d’envoyer la balle plus loin, c’est de lui donner plus de vitesse.

Et pour transmettre de la vitesse à la balle il faut être capable d’en créer au niveau de la tête de club. Plus précisément de produire une accélération pendant tout le downswing et principalement pendant la traversée, phase pendant laquelle la tête de club va rencontrer la balle.
Souvenons-nous, c’est tout le problème du rythme au golf : à la montée accélération lente, en haut stop, à la descente accélération maximale, au finish décélération et stop.

La physique au secours du golfeur

En fait nous entrons là dans un problème de physique qui fait intervenir de nombreux paramètres. Plusieurs bras de leviers : club, avant-bras, bras ; plusieurs axes de rotation : colonne vertébrale, bassin, épaules, coudes, poignets; plusieurs masses qui constituent l’ensemble bras-club et notamment le poids de la tête du club entrent en jeu.
Au final cependant tout peut se ramener à une question : comment accélérer au maximum la tête de club pour augmenter sa vitesse ?

La première réponse qui vient à l’esprit consisterait à mettre plus d’énergie dans notre descente, à déployer plus de force. Mauvais choix, nous savons tous d’expérience que tenter de frapper fort conduit à l’échec de manière systématique. Vouloir taper fort c’est orienter sa frappe vers la balle donc projeter l’épaule arrière vers la balle, et mettre en place un chemin de club extérieur -> intérieur avec au mieux un slice.

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Nous voyons bien ici que la longueur de l’ensemble bras-club est considérable et va demander beaucoup d’énergie pour être accélérée en l’état.

La réponse est en théorie plus compliquée mais relativement simple à mettre en pratique.
La théorie d’abord. Brièvement. Schématiquement la descente et la traversée font décrire à la tête de club un arc de cercle autour de l’axe constitué par notre colonne vertébrale.
Quand nous lançons le mouvement nous devons vaincre une résistance ou “moment d’inertie” dont la valeur est égale à la masse de l’ensemble bras-club multiplié par le carré de la longueur de cet ensemble.  Si nous ne pouvons pas influer sur le poids de cet ensemble pour rendre la résistance moins forte et gagner de la vitesse, nous pouvons par contre jouer sur la longueur, l’extension de nos bras.

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En serrant ses bras le long de son corps la patineuse Yoko Kawaguti diminue son moment d’inertie et gagne de la vitesse dans sa rotation.

C’est ce que fait un patineur  quand il effectue une vrille ou une toupie.
Il commence à tourner les bras ouverts pour accumuler de l’énergie cinétique (énergie de mouvement), puis resserre les bras le long de son corps pour diminuer le moment d’inertie (la résistance) et transformer cette énergie en vitesse selon la loi physique dite de conservation du moment cinétique.
Puis il ouvre les bras pour ralentir la rotation.

L’énergie au bon moment

Au golf la traduction de la théorie implique la séquence suivante :
backswing avec le bras avant aussi tendu que possible (gauche pour les droitiers, droit pour les gauchers). C’est notre façon d’accumuler de l’énergie potentielle de pesanteur. Mais attention, les golfeurs qui jouent connectés garderons les bras près du corps. Au moment du stop les poignets sont armés.
– dès le début de la descente si votre backswing s’est fait bras tendus, ramener le bras arrière le long du corps tout en conservant le bras avant contre le torse. Ainsi connectés nous raccourcissons la longueur de l’ensemble bras-club, diminuant la résistance (moment d’inertie) lors de la mise en rotation de l’ensemble. Et nous pouvons gagner de la vitesse tout au long de la rotation sans avoir besoin d’apporter plus d’énergie (conservation du moment cinétique).
dans la descente, notre hanche avant se dérobe pour libérer le passage vers l’avant à cet ensemble regroupé.
dès le début de la traversée les poignets restés souples se désarment, ce qui augmente encore la vitesse de la tête de club.
en fin de traversée les bras passent vers l’avant en direction du focus et s’étendent au maximum.
au finish cette extension ralenti la rotation. L’énergie qui se dissipe doit nous laisser face à notre focus, le club étant passé dans notre dos.

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Un finish impeccable. Photo Golf de Touraine

Nous avons agi pour lancer notre club le plus loin possible en direction du focus que nous avions choisi. Nous avons utilisé au mieux l’énergie que nous avons été capable d’accumuler au downswing. Nous avons transformé cette énergie en vitesse au bon moment pour qu’elle se transmette à la balle quand la tête de club la rencontre dans la traversée.
Si notre routine était bonne nous avons produit un joli coup de golf !

En deux mots

Pour envoyer une balle loin il faut lui transmettre de la vitesse.
Pour gagner de la vitesse il faut disposer d’énergie et l’utiliser au mieux.
– À la montée nous accumulons de l’énergie potentielle de pesanteur.
– Pendant la descente nous transformons cette énergie en énergie cinétique (énergie de mouvement) avec un minimum de pertes pour accélérer jusqu’au finish.
– Pour ce faire nous devons diminuer la résistance (moment d’inertie) de l’ensemble « bras-club » en nous regroupant au maximum.
– La solution consiste à diminuer la longueur de l’ensemble bras-club en resserrant nos bras au plus prêt du corps .

Bel exemple d’un swing producteur de vitesse. Ici Paula Creamer au drive. Notez la rapidité d’effacement du bassin au début du downswing pour laisser le chemin libre à l’ensemble bras-club.