104 – J’ai testé l’appli Hello Birdie

Les applis de golf pour smartphones sont nombreuses. À la base elles se concentrent sur deux tâches : mesurer les distances et enregistrer les scores.
Sur ces deux domaines elles sont fortement concurrencées par les montres GPS, connectées ou non. Les concepteurs d’applis sont donc condamnés à innover s’ils veulent exister. Et certaines innovations nécessitant des capteurs relativement coûteux ne semblent pas toujours très utiles

Hello Birdie  propose de l’innovation sans aucun ajout de gadgets onéreux. Son but est à la fois, plus simple, plus ambitieux, et plus original : nous faire jouer intelligemment !
Dit autrement Hello Birdie propose de nous établir une stratégie de jeu trou par trou, pour chacune de nos parties. Son slogan : « Hope is not a strategy » ou « L’espoir n’est pas une stratégie ».

Comment est-ce possible ?
Écran d’accueil

En réalité, sur notre smartphone nous n’avons que la partie visible de l’iceberg. Le coeur d’Hello Birdie se trouve sur les serveurs du développeur où une « intelligence artificielle » analyse nos performances et les transforme en propositions de jeu.
Précisions importantes : les propositions de jeu tiennent compte de la topographie du parcours pour lequel elles sont délivrées, mais aussi de la météo (excepté le vent) et de l’altitude.
Pour qu’une météo convenable soit prise en compte l’idéal serait de préparer son parcours juste avant de partir de chez soi.

Prise en mains

Après avoir installé l’appli nous devons renseigner trois écrans :
– notre profil
– le contenu de notre sac
– nos préférences en termes d’unités de distance, de vitesse et de température.

Le choix des écrans se fait depuis la barre de menus située en pied de page.

Il faut apporter un soin tout particulier au remplissage de ces deux écrans. C’est à partir de ces données que les algorithmes d’Hello Birdie vont nous concocter des préconisations de jeu personnalisées, basées sur nos performances.
En particulier il convient de bien renseigner les distances parcourues avec chacun des clubs de notre sac. Inutile de tricher car après avoir enregistré quelques parcours le système va tout seul se caler sur la réalité de notre jeu.  
 
Il reste à renseigner l’écran « Réglages » pour préciser nos préférences en matière d’unité de mesure, d’unité de température, et d’unité de vitesse.
Les formules d’abonnement
Il faut en parler maintenant car le choix d’une formule est important. Il existe trois formules avec possibilité de passer de l’une à l’autre :
– La formule Flex à 4,99 € par mois ou 49,99 € par an
– La formule Unlimited à 9,99 € par mois ou 99,99 € par an.
– La formule gratuite.
 
La formule Flex permet d’utiliser sans limitation toutes les possibilités de l’application sur un seul parcours à choisir. De préférence celui où vous jouez le plus souvent.
Pour ajouter un autre parcours, il faut l’acquérir pour 4,99 € pour une utilisation illimitée.
Actuellement pour tout abonnement Flex contracté via l’application, le nouvel abonné bénéficie de 6 mois gratuits
 
La formule Unlimited donne un accès définitif et illimité à une base de données de 40 000 parcours.
 
Il existe bien une formule gratuite mais elle se contente de proposer une mesure de la distance au centre du green et une carte de score sans préconisations de jeu… 
 
On comprend facilement que ceux qui parcourent le vaste monde avec leur sac de golf sur l’épaule ont intérêt à prendre la formule Unlimited
 
Premier parcours
Ces préparatifs effectués tout est prêt. Choisir le menu « Nouvelle partie » et renseigner les différentes rubriques.  C’est ici que vous choisissez le parcours sur lequel vous souhaitez jouer, la couleur de vos tees de départ, etc. Pour l’instant il n’existe qu’une formule de jeu en StrokePlay
Puis cliquer sur « Créer la partie » et les choses intéressantes commencent. Il faut d’abord définir un objectif de jeu en nombre de coups à jouer. À partir de là l’application va vous proposer un plan de jeu : trou par trou une stratégie en terme de choix de club à jouer pour chaque coup. 
 
Les 18 trous sont là, ils suffit de les examiner un par un. Par exemple si l’application propose de faire bogey sur le trou 1 de Val Grand, un par 5 de 443 m depuis le tee jaune, voici le plan de jeu .
Départ au bois 5, puis hybride 5, fer 6 et approche au Pitch wedge.
Ce plan dépend bien sûr du contenu de votre sac renseigné plus haut. Ici c’est avec mon sac. 
 
 
 
 
 
En jouant ce plan de jeu le logiciel vous dit que vous avez 48 % de chances de faire bogey ou mieux ( 47 % de chances de faire bogey + 1 % de chances de faire le par) , 40 % de faire double, 13 % de faire triple.
 
FIR signifie Frairways en régulation. Ici en 1 coup. Il est atteignable avec 82 % de chances.
OIR pour Objectif en régulation, c’est à dire le green en 4 coups comme le prévoit le plan. Atteignable donc avec 64 % de chances
 
 
 
Si ce plan pour le trou 1 ne vous convient pas, vous pouvez changer. Tentez un jeu pour le par sur le menu proposé au dessus de la photo.
 
La proposition devient départ au Driver, puis bois 5 et une approche au bois 5. 
Est-ce bien raisonnable ?
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Que disent les probabilités ? Qu’en fonction de nos possibilités de jeu nous n’avons que 13 % de chances de faire le par, 37 % de faire un bogey, 49 % de faire un double et 1 % de faire un birdie.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Autre possibilité. Sur ce long par 5 au green tourmenté, pas très facile à jouer, vous avez 2 coups rendus. Assurer un double vous suffit. Le plan devient  donc un départ au bois 5 puis hybride 5, fer 8, puis un coup de Sand wedge pour finir par une approche si besoin.
 
 
 
 
 
 
 
 
Dans ce cas les probabilités vous disent que vous avez 55 % de chances de faire un double ou mieux, mais 35 % de faire un triple et même 10 % de faire un quadruple.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
À vous de choisir le jeu qui vous convient !
 
Avant de partir
Imprimez votre plan de jeu. Et voici ce que vous emmenez sur le parcours.
Ce sont des propositions de jeu valables pour un joueur donné sur un parcours précis.
Il ne reste plus qu’à suivre le plan en espérant que tous se passe au mieux. Mais dites vous que vous restez totalement maître de votre jeu. Si vous pensez qu’au 1 de Val Grand vous devez attaquer au driver, allez-y ! Vous renseignerez ce changement quand vous marquerez votre score.
Si en cours de jeu vous ratez un coup, hypothèse hautement improbable, il va bien falloir adapter la suite !
 
Sur le parcours
Pour lancer l’application il faut disposer soit d’un réseau WIFI, soit de 3G, soit de 4G. Pourquoi ne pas se débarrasser de cette tâche avant de quitter le Club-house ? Cliquez alors sur « Démarrer la partie », rangez votre smartphone dans votre poche, vous n’en n’aurez plus besoin si ce n’est pour marquer votre jeu entre chaque trou. Mais vous pouvez aussi faire un marquage papier et reporter votre jeu réel sur l’application tranquillement au Club-House.
Le GPS travaille tout seul, une trace de vos tribulations est enregistrée pendant toute la partie, y compris les points précis où vous avez frapper la balle.
 
Pour marquer en fin de trou un écran avec un clavier spécial rend la tâche rapide.
Les touches tiennent compte de votre sac. Quand vous pressez une touche le système vous demande si vous avez jouer depuis le fairway, le rough ou un bunker.
Sur le green vous devez renseigner la longueur de chaque  putt : plus de 12 m,  moins de 12 m, moins de 8 m, moins de 5 m, moins de 3 m ou moins de 1 m.
Remarquez que vous pouvez noter les approches, les pénalités et les coups de recentrage.
 
 
 
En fin de partie vous devez « Signer votre carte ».  Les données  de votre partie sont envoyées dans le nuage de Hello Birdie et traitées par l’intelligence artificielle. Votre prochain plan de jeu tiendra compte de toutes vos performances enregistrées et analysées.
Quand vous aurez joué et enregistré plusieurs parties, vos longueurs seront mises à jour pour chaque club dans « Mon sac », ainsi que votre dispersion, une donnée chère à Dave Pelz dont je vous ai parlé dans l’article « Limitez les dégâts ».
 
Mes impressions à chaud

Les plus

– Sous réserve d’une utilisation plus longue, je dirai enfin une application de golf intelligente. Elle ne se contente pas d’enregistrer votre score et de vous donner quelques statistiques de jeu, elle se risque à faire une prédiction stratégique compte tenu de vos capacités réelles et des caractéristiques du parcours que vous voulez jouer.
– Elle ne nécessite aucun greffon matériel particulier.
– Elle vous situe en permanence sur le parcours et vous donne la distance par rapport au centre du green du trou que vous jouez. Si vous n’utilisez pas de montre, c’est un plus.
– Vous n’avez pas besoin de marcher avec le smartphone à la main. 
– Le marquage des coups est simple. Et il oblige à faire un effort de mémoire pour rejouer mentalement le trou.
– J’ai été favorablement surpris par la pertinence des préconisations. Pour mon premier parcours effectué à Forges-les-Bains je n’ai eu à sortir mon driver que 3 fois. J’ai utilisé mes fers bien plus que d’habitude, y compris sur certains départs. Un changement de philosophie qui n’entame en rien les résultats, bien au contraire..
– Autre surprise, j’ai joué beaucoup plus en sécurité. Pas de coup de poker ou de prise de risque inutile.
– À la fin tout ça est très bon pour le mental car le stress est presque automatiquement tenu à distance.
– Au rayon des plus il faut saluer la sobriété du GPS qui consomme très peu de batterie.
Hello Birdie est une application développée par une Startup française installée à Paris.
– Le site de l’application est bilingue : français, anglais
 
Les moins
 
– La version actuelle, est en constant développement. De nombreuses évolutions sont à venir.
– Il manque un petit mode d’emploi, une prise en main rapide. Elle pourrait être  sur le site de l’application.
– Pour lancer la partie et pour signer la carte il faut disposer d’un accès WIFI, 3G ou 4G. En France et plus généralement en Europe ce n’est pas vraiment une gêne, mais ça peut le devenir pour des parcours en zones blanches. Parmi les évolutions à attendre, il est prévu que ces opérations puissent se faire sans accès réseau. 
– La version Androïd est en attente. Seule la version IOS est opérationnelle.
– Pour l’instant aucun accès aux statistiques du joueur n’est disponible sur le site internet de l’application. Si elles le sont un jour, quelles statistiques et sous quelles formes ?
 
Au final
 
Je vais continuer à utiliser Hello Birdie.
Mais je comprendrais très bien que certains puristes qui souffrent de voir notre sport envahi par la technologie s’en détournent. Les mêmes jouent pourtant avec des clubs qui sont des concentrés d’innovation. Bien loin de ceux de Ben Hogan ou même de Steve Ballesteros.
 
Sommes-nous en infraction avec la règle 14-3 (étendue dans l’Appendice IV) en utilisant Hello Birdie pour une compétition ?
Que dit la règle ?

« Sauf exceptions prévues par les Règles, durant un tour conventionnel, le joueur ne doit utiliser aucun dispositif artificiel ou équipement inhabituel… » La précision « durant un tour conventionnel » a son importance.
Hello Birdie nous permet de préparer notre partie avant d’être sur le parcours. Elle ne modifie pas le plan de jeu en direct en cours de partie.
Pour préparer une compétition tout joueur a le droit d’exécuter une ou plusieurs reconnaissances et d’établir son plan de jeu y compris en utilisant des appareils.
Avec ou sans l’application, les modifications apportées au plan de jeu durant un tour conventionnel sont de la seule initiative du joueur, et de son caddie s’il en a un.

Nous sommes bien en accord avec cet autre paragraphe de la règle 14-3 :
« Le golf est un jeu exigeant dans lequel la réussite devrait dépendre du jugement, des compétences et des capacités du joueur. Ce principe guide le R&A pour déterminer si l’utilisation de n’importe quel objet est en infraction avec la Règle 14-3. »

En 2019, la règle 14-3 précisera que les appareils mesurant uniquement les distances sont autorisés, sauf règle locale les interdisant. L’inverse des dispositions actuelles.

94 – Une routine de putting
pour déjouer les pentes

 

Comment déjouer les pentes des greens ?

La routine que je vais détailler va paraître interminable ! Non pas de panique il  suffit de quelques secondes pour la réaliser. Souvenons-nous, sur le green le premier qui joue à droit à 40 secondes de préparation. Les suivants bénéficient du temps d’installation et de jeu de tous les précédents.
Et puis l’observation du green commence pendant l’approche. C’est à 50 mètres que l’on en perçoit le mieux la pente générale.

Ce qui est contenu dans cet article n'est pas nouveau. En 1984 le colonel H.A. Templeton pilote d'essai de l'US Air Force faisait paraître un livre, "Vector Putting the Art and Science of Reading Greens"  qui présentait tous les concepts que vous allez retrouver. Diverses écoles de putting se sont inspirées de ces notions, les ont intégrées dans leurs méthodes, et pour être juste, les ont rendues plus maniables. Templeton était un précurseur. Il a inventé un logiciel de simulation de putt 3D pour les émissions de télévision en réseau en 1988. Aujourd'hui Templeton est oublié, je n'ai même pas pu retrouver ses prénoms exacts sur internet.

C’est parti, la balle est sur le green, nous sommes putter en main.

Au putting nous n’avons que 3 paramètres à prendre en compte :

  • la ligne de putt,
  • l’alignement de la face de club,
  • la vitesse de la balle.

Notre routine doit donc nous permettre :

  • de visualiser la ligne de putt,
  • d’aligner la face du putter pour que la balle adopte cette ligne,
  • d’évaluer la vitesse à donner à la balle pour qu’elle reste sur cette ligne et entre dans le trou.

Continuer la lecture de « 94 – Une routine de putting
pour déjouer les pentes »

91 – Limitez les dégâts sur le parcours

Rater un coup de golf ça peut se rattraper ! Mais en rater deux à la suite  !  Voilà la spirale infernale enclenchée. Nous savons tous d’expérience où elle mène : au trou catastrophe.

Sous le titre français  Limitez les dégâts (Damage Control en VO) Dave Pelz nous propose une méthode pour sortir de toutes les situations critiques.

L’auteur part du constat que tout golfeur peut produire un ou plusieurs coups qui le mettent en situation difficile. Or il faut bien sortir de ces mauvais pas et de préférence, en évitant de plonger dans une situation pire, ou franchement catastrophique.
Pelz pose une exigence : bien sortir d’un mauvais pas c’est assurer un coup qui  place la balle dans une situation jouable normalement et plus loin qu’elle n’aurait été si le coup fautif avait été bon.
Ce qui signifie, jouer un coup aussi long que possible dans une direction précise, pour mettre la balle en sécurité en un endroit choisi.

Autour de cette exigence Dave Pelz propose une méthode pour sortir d’affaire à tous les coups.  Il reconnait cependant qu’il peut exister des situations où il faut mieux déclarer la balle injouable et prendre un point. Continuer la lecture de « 91 – Limitez les dégâts sur le parcours »

88 – Stratégie de jeu et mimétisme

Je suis sûr que ça nous est arrivé à toutes et tous ? Au départ d’un trou, après avoir observé la configuration de l’environnement, nous saisissons notre bois 5. Sage décision !
Et nous constatons que nos camarades de jeu s’avancent driver en main. Sans plus réfléchir nous rangeons notre petit bois et sortons « l’arme fatale ».

stratégie
Il n’est pas toujours pertinent de sortir l’artillerie lourde ! La stratégie doit primer.

Bien au delà de l’anecdote nous faisons face à une question fondamentale : les décisions de nos voisins inspirent-elles les nôtres ? Une équipe de chercheurs de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (Hôpital Pitié-Salpétrière à Paris) a abordé la question avec cette interrogation : comment prenons-nous nos décisions dans la vie de tous les jours, s’agit-il d’une question de personnalité inscrite dans nos gènes ou d’un processus hérité de l’éducation et de nos interactions sociales ? Continuer la lecture de « 88 – Stratégie de jeu et mimétisme »

87 – Putting et vitesse des greens

Au putting notre attention doit principalement se porter sur trois paramètres : la ligne de putt, l’alignement de la face de club, et la vitesse de la balle.
Nous avons abordé ces trois aspects dans l’article : « Le putting – Promenons-nous sur les greens« . Concentrons nous aujourd’hui sur le cas particulier de la vitesse.

Vitesse et vision

Les pilotes de Formule 1 surnomment le célèbre circuit allemand du Nürburgring, « l’Enfer vert ». En effet, quand ils sont lancés à pleine vitesse les forêts qui bordent la piste de part et d’autre se fondent en un épais rideau vert. À cause de la vitesse, le cerveau n’est plus capable de distinguer les arbres, il a dépassé sa limite de discrimination, il ne perçoit plus qu’un mur vert.

Quand nous sommes à l’arrêt dans notre voiture notre champ de vision est de 150°. À 40 km/h il n’est plus que de 100°, à 70 km/h de 75°, à 100 km/h de 45° et à 130 km/h de 30°. Imaginez à 300 à l’heure !

A 130 km/h seule la route reste dans le champ visuel du conducteur. © Guide-vue.fr

La balle et le trou

Puisque nous sommes en plein travail d’imagination, imaginons que notre balle de golf  « voit » le trou.
Comme pour nous dans notre voiture, plus elle ira vite et plus le trou deviendra étroit pour elle. Si elle parcourt 13,4 cm/s, soit un tour par seconde la largeur du trou n’est déjà plus que de 9 cm (le trou à un diamètre de 10,8 cm). Pour 3 tours/s soit 40 cm/s la largeur du trou n’est plus que de 6,4 cm. Pour 5 tours/s soit 67 cm/s le trou ne fait plus que 3,6 cm de large et pour  7 tours/s,  1,3 cm.
Comme la balle a un diamètre minimum de 4,26 cm, si elle arrive sur le trou avec une vitesse supérieure à 4 tours/s soit 53,6 cm/s, elle ne « voit » plus le trou et n’a aucune chance de tomber au fond. Elle file par dessus comme un train sur ses rails *.

Le moment de vérité. Tombera, tombera pas ?

Pour mettre toutes les chances de notre côté et voir tomber la balle dans la coupe, nous devons donc lui donner une vitesse initiale telle que la vitesse résiduelle au trou soit inférieure à 1 tour/s (13,4 cm/s). C’est notre seule chance pour qu’elle « voit » celui-ci dans sa pleine largeur !
Si la vitesse au trou est inférieure à 3 tours/s (40 cm/s) et si la balle est bien centrée, elle peut encore tomber. Si elle est décentrée c’est la virgule assurée. La vitesse optimale pour mettre toutes les chances de notre côté est inférieure à 2 tours/s (27 cm/s). A condition toujours que la balle se présente plein trou !

On peut envisager le problème autrement. La condition pour qu’une balle tombe est qu’elle soit plus qu’à moitié entrée avant de taper l’arrière du trou. Son centre de gravité doit être en dessous du bord. Si elle tape juste sur l’équateur elle peut encore tomber mais le saut par dessus ou la virgule guettent très fortement… L’idéal, car il existe, reste que la balle n’aille pas frapper l’arrière du trou, ce qui correspond bien à une vitesse inférieure à 2 tours/s.

Abordons la véritable explication car hors de notre imagination la balle ne « voit » pas le trou ! Par contre elle est soumise à une force implacable : la pesanteur. Si elle passe sur le trou avec une énergie de vitesse supérieure à la force de la pesanteur, elle n’a pas le temps de descendre suffisamment. Elle n’entre pas.
Si la balle traverse le diamètre entier du trou (10,8 cm) en moins de 33 centièmes de seconde elle ne tombe pas. Que dire si elle n’est pas plein trou, un peu à droite ou à gauche ? Et bien nous avons une magnifique virgule alors que la balle semblait prête à tomber…
Voilà pourquoi, compte tenu de la configuration du green et de l’emplacement de notre balle, celle-ci ne peut entrer que par un endroit bien précis du trou qu’il convient de déterminer puis d’aborder dans la ligne, à la bonne vitesse.

La vitesse des greens

Nous voyons à quel point il est important d’avoir une idée de la vitesse des greens avant de nous engager sur un parcours.
Nous parlons couramment de greens lents ou rapides à partir de la sensation que nous retirons de notre expérience : la balle roule loin ou non. Cette sensation est empirique. Or il, existe un outil, le stimpmeter ou greenvite, qui permet de donner une mesure bien réelle.

Pour mesurer les vitesse des greens les jardiniers disposent d’un outil, le stimpmeter ou greenvite. L’instrument est constitué d’une réglette longue de 91 cm et large de 4,4 cm. « La règle présente une cannelure en V avec un angle intérieur de 145° afin d’y faire rouler une balle. Une encoche placée à 76 cm de l’extrémité permet de retenir la balle tant que l’inclinaison de la règle est inférieure à 20°. Lorsque la règle est soulevée progressivement et lentement par son extrémité côté encoche, l’autre extrémité reposant sur le green, la balle quitte l’encoche dès que l’inclinaison atteint 20° et roule alors le long de la règle puis sur le green où elle parcourt une certaine distance. » (Golfpédia : l’encyclopédie du golf) La distance de roule de la balle est mesurée depuis son point de contact avec le gazon jusqu’à son point d’arrêt.

Pour effectuer ces mesures le jardinier se place sur un green, à un endroit plat, aux abords d’un trou. Il fait six lâchers de balles : trois dans un sens ; trois dans le sens exactement inverse. Il obtient donc 6 mesures dont il fait la moyenne. On considère qu’un green est d’une vitesse normale si la moyenne des mesures est autour de 2 m. Elle devient lente dès 1,5 m et rapide au-dessus de 2,6 m. Les parcours préparés pour des compétitions professionnelles peuvent avoir des greens qui dépassent 3 m mesurés au stimpmeter.

Peu de golfs affichent sur leur putting green sa vitesse mesurée. Vouloir la vitesse mesurée de tous les greens tient du rêve insensé !
De plus cette donnée varie tout au long d’une journée : la rosée s’évapore, le gazon pousse, le soleil assèche les greens exposées à ses rayons…

De la théorie à la pratique

Et puis soyons honnêtes, connaître cette mesure ne va pas nous permettre de calibrer notre putting comme par miracle. Elle ne sera qu’une indication : en dessous de 2 m le green est lent, en dessus il est rapide. Ce n’est guère suffisant !

Il faut donc tâter du putting green avant de se lancer sur le parcours… Il faudrait même y passer un peu de temps pour que notre cerveau s’approprie la vitesse de roulage. Espérons que cette vitesse soit à peu près semblable à celle des greens.
Sur le green, une fois le point d’entrée et la ligne de putt déterminés, putter en main, face à la balle, c’est une évidence nous n’avons que notre cerveau pour déterminer l’intensité de la frappe qui conduira la balle face au trou à la bonne vitesse. Et les données du problème restent au nombre de  deux :
– la pente : montée ou descente,
– la vitesse du green.
Ne parlons pas des irrégularités du gazon qui risquent dévier la balle d’autant plus que sa vitesse est faible aux abords du trou !
Il faut pourtant intégrer tous ces paramètres. Pas si facile le putting !
Pour évaluer la vitesse et donner à notre frappe la bonne intensité nous ne pouvons compter sur aucune aide technologique. Il ne reste plus que la pratique, donc un réel entrainement.

Au final, comme toujours : l’entraînement

Geoff Mangum

Encore faut-il s’entraîner correctement. Il existe de nombreuses méthodes d’apprentissage du putting. Toutes s’inspirent plus ou moins, et souvent sans l’avouer, des travaux de Geoff Mangum, un coach américain qui a consacré et consacre toujours sa vie au putting. Geoff Mangum a créé la méthode Putting Zone.
Il enseigne encore, vient de temps en temps en France où il intervient dans le cadre de la PuttingZone Academy France. Laurent  Jockschies qui anime cette Academy s’emploie à répandre la méthode de Mangum en France. Laurent a déjà formé les premiers bataillons de pros certifiés qui officient maintenant dans nos clubs. Il devient donc relativement facile de trouver une formation Putting Zone.

De nombreuses vidéos de Goeff Mangum sont visibles sur YouTube (toutes en anglais). Il y a aussi quantité de vidéos en français de Laurent Jockschies.

Il existe d’autres méthodes, d’autres approches. Les académies Leadbetter propose « One Putt ». Toutes les écoles Golf Academy proposent des stages de putting. Triangulaid a sa méthode. Joël Bernard édite une formation vidéo. Je n’ai pas pratiqué ces méthodes, je ne peux donc en parler.
Je vous ai mis les 4 vidéos du cours d’Edouard Montaz dans l’article consacré à la lecture des pentes.

Une recherche sur internet avec « stage putting » donne une idée de la richesse de l’offre !  Il faut simplement  choisir une méthode et s’y tenir, sous peine de confusion.

Faites régler votre putter par un clubmaker compétent. C’est le meilleur investissement matériel que vous pouvez faire.
Beaucoup plus « rentable » en gain de points que l’achat d’un nouveau driver…

 

*Les chiffres de ce paragraphe sont empruntés à Golf et Science écrit sous la direction de Mark Smith paru aux éditions Vigot.

72 – Effets, draw, fade, slice et autres

 

Au golf les effets bénéficient d’un statut particulier. Soit ils sont perçus comme des empêcheurs de tirer tout droit, soit ils provoquent l’admiration et sont vus comme des musts que seuls les « très bons » peuvent pratiquer.
Pourtant effets draw fade slice ne doivent rien au hasard ! Essayons de comprendre.

effets draw fade slice
Le Trackman très utilisé aujourd’hui permet de visualiser les trajectoires de balles. Il n’en existe pas de rectilignes !

D’abord il faut admettre qu’il est impossible de ne pas faire tourner une balle de golf frappée avec un club. Donc les effets sont la chose au monde la mieux partagée par les golfeurs. Les images prises au Trackman suffisent à nous persuader : quasiment personne n’a vu une balle filer droite comme un I !
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66 – Le stress, le practice et le parcours

J’ai souvent cité ici la phrase de Percy Boomer : « un golf régulier dépend de notre capacité à interdire l’accès de notre machinerie mentale à la part de nous-même qui joue les coups de golf ». Ce que Boomer affirmait sur sa seule observation est aujourd’hui confirmé par la science.

Aujourd’hui les neurosciences, en utilisant des techniques novatrices, sont lancées à toute vapeur dans l’exploration du cerveau humain. Les découvertes se succèdent et nous avançons à petits pas certes, mais sûrement dans la compréhension de cet organe qui reste mystérieux.

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64 – Quand rien ne va plus : la routine

 Histoire vécue : mars 2016, reprise des activités golfiques après un long temps d’hibernation. Et soudain : rien ne va plus !

Normalement notre golf serait bien à l’abri dans notre mémoire procédurale. Pourquoi donc nous semble-t-il certains jours que rien ne va plus ? Nombreux sont ceux qui imaginent même qu’à une bonne partie doit succéder invariablement une mauvaise et ainsi de suite. Au golf, comme dans la vie, la fatalité n’est pas un argument. Tout au plus une fausse croyance. Encore une !
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49 – Je veux jouer au golf avec régularité

Stop ! Arrêtez tout et courrez sur le champ vous procurer le livre de Jean-Emmanuel Elbaz « Je veux jouer au golf avec régularité ».
Vous allez enfin comprendre la célèbre phrase de Ben Hogan : « Le golf est 100 % mental et 100 % technique ». Vous allez enfin comprendre pourquoi tout golfeur qui ne possèderait qu’une super-technique et rien d’autre ne pourra jamais dépasser le stade du joueur moyen. Tout simplement parce qu’il ne sera jamais qu’une moitié de golfeur !

Jouer au golf avec régularité

jouer au golf avec régularité
Jeu veux jouer au golf avec régularité

L’originalité fondamentale du livre est qu’il constitue une méthode cohérente visant à atteindre la régularité qui nous est si chère.
Tout au long de son ouvrage l’auteur n’a qu’un but, nous obliger à nous centrer sur notre jeu, à jouer dans l’instant présent, le temps de l’action. Le livre devient alors une méthode qui va nous permettre de ne pas nous disperser dans le passé ou le futur et de chasser les pensées parasites qui pourraient nous détourner de notre jeu.
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48 – Jouer au golf dans le moment présent

Les coaches mentaux nous le répètent sans cesse : il faut jouer dans le présent… Les ouvrages spécialisés ne manquent pas de répercuter cette consigne. Mais que signifie-t-elle vraiment et comment l’appliquer ?

Cette notion de « vivre dans le présent » n’est pas spécifique au golf. Elle est très utilisée par de nombreux psychologues et psychiatres. Normal donc qu’elle trouve sa déclinaison dans le sport où elle fait partie des outils des coaches mentaux.

Concernant le golf je ne peux que vous conseiller le livre de Jean-Emmanuel Elbaz Je veux jouer au golf avec régularité. En fait le livre n’a qu’un but : éviter le vagabondage de notre esprit et concentrer toute notre attention sur le moment présent. L’auteur consacre un chapitre à cette nécessité : « rester dans l’instant présent ». C’est pour lui le nerf de la « guerre du golf » !
Pour Jean-Emmanuel Elbaz, « les situations qui font penser aux résultats passés et aux résultats futurs mettent sous pression ». Donc chassons les, chassons tout ce qui pourrait nous stresser !
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44 – Sur le parcours une seule clé de swing

Souvent nos pros nous conseillent d’utiliser une clé de swing pour réaliser tel ou tel exercice. Et au final nous nous retrouvons avec un trousseau complet, difficile à emporter sur le parcours.

une seule clé de swing
The Reserve at Lake Keowee (Caroline du Sud USA) Le practice et le putting green

Le practice un lieu pour apprendre

Au golf le terrain de jeu, le parcours, n’est pas le même que le terrain d’entrainement, le practice et le putting green. C’est une particularité qui n’est pas forcément un désavantage à condition de bien poser des objectifs.
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39 – La régularité ou le fil rouge du jeu de golf

La régularité est la préoccupation principale des golfeurs. Et pourtant tous peuvent être frappés d’irrégularité : du premier mondial aux plus humbles…
Mais où se cache la raison de notre irrégularité ? Est-elle le prix à payer pour les jours où tout va bien ?

Tous les golfeurs sont en quête de régularité. Et chacun de se retourner vers son pro pour lui demander de régler au plus vite ses problèmes d’irrégularité !

Et si ce manque de régularité ne venait pas de notre swing ?
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38 – Mesurer les distances

– Sur le parcours nous disposons de nombreux repères pour nous situer par rapport au green et au trou.
– Encore faut-il connaître ces repères et savoir les lire. Et poser les bonnes questions à l’accueil.
– Il faut aussi connaître quelle distance nous parcourons avec chacun de nos clubs.
– Les instruments de mesure type GPS ou lunettes ne sont en principe pas autorisés en compétition.
À l’entrainement ils sont bien utiles pour étalonner notre œil !

Il n’est pas possible de bien jouer au golf sans connaître en permanence :
– la distance restante au drapeau
– la distance que l’on est capable de couvrir avec chacun de nos clubs
– la distance que l’on souhaite parcourir sur un coup donné.

Cet article a été modifié pour prendre en compte les dispositions des règles en vigueur depuis janvier 2016.

Mesurer les distances

Sur le parcours pour s’y retrouver nous disposons :
– de marques notées sur des repères, les poteaux, les bouches d’arrosage.
– d’un carnet de parcours papier disponible sur certains parcours
– d’un carnet de parcours fabriqué par nos soins à partir de vues satellites types Google Map
– des mesures préalables réalisées pour étalonner nos clubs
– de notre coup d’œil.
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35 – Non pas dans l’eau !

Mais comment font-ils pour ne jamais jeter leur balle à l’eau ? C’est très simple : il suffit de donner le bon ordre au cerveau.

Ne pensez pas à une girafe ! Pourquoi visualisez vous une girafe ? Parce que notre cerveau ne sait pas interpréter les ordres négatifs.
« Ne pas » : est incompréhensible pour lui sans un effort particulier. Si quelqu’un nous dit : «  ne traverse pas », nous devons faire l’effort de traduire cet ordre négatif en une consigne positive : « reste là »!

C’est ainsi, notre cerveau ne sait pas commander à notre corps un geste négatif, il lui faut du positif.

Non pas dans l’eau !
Coeur d’Alene Resort Golf Course le trou 14 et son célèbre Floating Green (Idaho USA)

Donc au golf, face un obstacle d’eau se dire « ne pas tomber dans l’eau » va se traduire immédiatement et inconsciemment par une consigne positive : « tomber dans l’eau » et… une balle noyée. Notre cerveau va au plus court ! Trop tard pour crier « Non pas dans l’eau. »
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33 – Alimentation et golf, l’énergie à disposition

Pour le grand public le golf est une activité tranquille qui ne demande guère d’effort physique. Beaucoup de golfeurs ne sont d’ailleurs pas loin d’avoir le même avis…

alimentation et golf
Tiger Woods aussi perd de l’eau en jouant et a besoin de s’hydrater !

Il m’arrive fréquemment de jouer avec des partenaires qui ne boivent pas du tout pendant les 4 heures d’une partie. Or pendant un parcours normal un golfeur peut perdre jusqu’à 1,5 litre d’eau et consomme 2 000 à 2 500 calories.
Ne pas boire, ne pas s’alimenter pendant une partie, avoir en général une alimentation déséquilibrée équivaut à perdre une partie importante de ses facultés cognitives, celles qui nous permettent de réfléchir, de prendre des informations, de tenir la pression…
Notre cerveau est gros consommateur d’énergie, il convient donc de s’alimenter en conséquence.
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