96 – Modifications 2018 des règles de golf

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Les dispositions décrites dans cet article ont été incorporées dans les règles en vigueur depuis le 1er janvier 2019

Disons le tout de suite, ces mises à jour 2018, même si elles s’appliquent à tous les golfeurs, ne vont pas bouleverser la vie des amateurs qui se contentent de mettre en jeu leur index de temps en temps. Par contre il en est tout autrement pour les professionnels.
Sans attendre la refonte 2019 des règles qui régissent le golf les instances (Royal et Ancient et US Golf Association) viennent de prendre deux décisions liées.

Modifications 2018 des règles de golf
L’Australien Adam Scott sur le 17eme trou à Augusta en Georgie en avril 2014. © REUTERS/Mike Segar

1 – Suppression de la pénalité de 2 coups prévue à l’article 6.6 d

Règle 6.6 d : score incorrect sur un trou

Extrait des règles 

Le compétiteur est responsable de l’exactitude du score consigné pour chaque trou sur sa carte de score. S’il rend, pour n’importe quel trou, un score inférieur à celui réellement réalisé, il est disqualifié. S’il rend, pour n’importe quel trou, un score supérieur à celui réellement réalisé, le score ainsi rendu est maintenu.
Exception : Si un compétiteur rend, pour n’importe quel trou, un score inférieur à celui réellement réalisé pour avoir omis d’inclure un ou plusieurs coups de pénalité qu’il ignorait avoir encourus avant de rendre sa carte de score, il n’est pas disqualifié. Dans de telles circonstances, le compétiteur encourt la pénalité prescrite par la Règle applicable et une pénalité supplémentaire de deux coups pour chaque trou où le compétiteur a commis une infraction à la Règle 6-6d. 

Cette Exception ne s’applique pas lorsque la pénalité applicable est la disqualification de la compétition.

Cette suppression a été jugée nécessaire dans la mesure où il est toujours possible d’appliquer des pénalités même si la carte de pointage a été rendue. Il incombe au comité de prendre toutes les dispositions pour assurer un arbitrage correct.

Pour y parvenir les instances rappellent une règle générale pour l’utilisation des informations venant de toutes les sources crédibles
« Lorsque des décisions doivent être prises dans l’application des règles du golf, les joueurs, les arbitres et le Comité chargé de la compétition continueront d’examiner tout renseignement provenant d’une source crédible, y compris :

– Des témoins sur le parcours, comme les autres joueurs, les caddies, les arbitres, les commissaires et les spectateurs.

– La vidéo de la compétition qui est produite par le partenaire de diffusion.

L’examen de toutes les preuves disponibles demeure un élément essentiel de l’application des règles du golf, parce que beaucoup de choses se produisent pendant un tour qui ne peuvent pas être vues par les joueurs ou les arbitres. »

Ainsi, si le Comité se donne tous les moyens de corriger un score après remise de la carte signée, il n’est plus nécessaire d’appliquer une pénalité additionnelle.

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L’Américaine Lexi Thompson s’est vu infliger quatre coups de pénalité pour une infraction signalée par un téléspectateur et commise la veille. l’ANA Inspiration 2017

Cette modification sera une règle locale permanente en 2018, avant d’être introduite dans le nouveau livre des Règles qui sera édité en 2019.

Notons que la règle R6-6.d fait partie de la Règle 6 « Le joueur » dans le chapitre « Responsabilité du joueur« . La règle 6-6 est intitulée « Score en Stroke Play« ,  le paragraphe 6-6.d « Score incorrect sur un trou« .

Cette règle connaît son troisième changement en moins de 5 ans. Avant 2016 tout score incorrect rendu entraînait la disqualification directe du joueur. En 2016 la note d’exception entrainant deux coups de pénalité était introduite. En 2018, les deux coups de pénalité sont supprimés.

La note d’exception pourrait être ainsi rédigée (Attention c’est une traduction de mon cru. J’attends celle officielle de la FFGolf qui ne sera disponible que début 2018)

Si un concurrent retourne, pour un trou, un score inférieur à celui effectivement applicable, car il a omis d’inclure un ou plusieurs coups de pénalité qu’il ne savait pas avoir encourus avant de retourner sa carte de score, il n’est pas disqualifié.
Dans de telles circonstances, le compétiteur encourt la pénalité prévue par la Règle enfreinte, mais il n’y a pas de pénalité supplémentaire pour une infraction à la Règle 6-6d.
Cette exception ne vaut pas lorsque la peine encourue est la disqualification de la compétition.

2 – Protocole vidéo pour les compétitions télévisées

À partir du 1er janvier 2018, il y aura, lors des grands tournois internationaux, un  ou plusieurs arbitres qui décortiqueront les images de retransmission TV et qui feront état de possibles infractions aux règles.

Cette surveillance vidéo devrait donner lieu à l’identification rapide et à la résolution de presque tous les problèmes relatifs aux règles qui peuvent être vues dans une vidéo diffusée. Elle devrait contribuer à réduire le nombre de fois où un cas litigieux qui n’a pas été vu doit être abordé plus tard.

Le Comité n’a pas besoin d’une intervention extérieure venue des téléspectateurs qui croient qu’ils ont vu une infraction aux règles sur la vidéo diffusée.

Les informations qui pourraient-être portées plus tard à l’attention du comité  par un joueur, une personne travaillant pour les organisateurs de la compétition ou une source grand public  (comme les médias), après visionnage de la vidéo, sera toujours prise en considération comme tout autre information disponible.
Le fait qu’une question potentielle en rapport avec les règles n’ait pas été vue lors de la surveillance vidéo ne signifie pas que le Comité ne tiendra pas compte de l’information.

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Seules les images captées par le partenaire vidéo officiel d’un tournoi pourront être prises en considération pour prouver une infraction.

Enfin les instances précisent clairement qu’une vidéo qui est amené au Comité venant d’une source autre que le partenaire de diffusion TV ne sera pas acceptée comme « preuve » à moins que le Comité soit convaincu de sa fiabilité.
En particulier, cela signifie que la vidéo de la caméra d’un individu, d’un smartphone ou d’un appareil similaire ne sera pas utilisée.