64 – Quand rien ne va plus : la routine

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 Histoire vécue : mars 2016, reprise des activités golfiques après un long temps d’hibernation. Et soudain : rien ne va plus !

Normalement notre golf serait bien à l’abri dans notre mémoire procédurale. Pourquoi donc nous semble-t-il certains jours que rien ne va plus ? Nombreux sont ceux qui imaginent même qu’à une bonne partie doit succéder invariablement une mauvaise et ainsi de suite. Au golf, comme dans la vie, la fatalité n’est pas un argument. Tout au plus une fausse croyance. Encore une !

Dimanche 13 mars 2016.

Départ à 13h15 au trou n° 1 du golf de Marivaux dans l’Essonne ! Dur pour une reprise, le parcours est physique et retord. Et en plus, pure inconscience, la partie s’inscrit dans le cadre d’une compétition hivernale interne à mon club : un Match Play en Chapman ! Avec mon partenaire nous nous retrouvons vers midi, mangeons au restaurant du golf et gagnons le départ un peu après 13 heures. Nous avons décidé de prendre une voiturette… Le parcours compte des liaisons très pentues et quelques fairways tirent fort sur les mollets.
En plus il fait froid avec un fort vent de nord-est qui n’arrange rien.
Sur le papier nos « adversaires » (des copains du club) sont plus forts que nous. Ils nous rendent 3 points. Mais bon, au golf rien n’est joué d’avance !

Quand rien ne va plus : la routine
Golf de Marivaux (91). Le trou n°3 un jour de printemps

Nous gagnons le premier trou et arrivons quand même « all square » (à égalité) au départ du 7. La suite inutile d’en parler longuement, sur le green du 13 nous perdons 6 et 5.  Félicitations aux vainqueurs ! Rideau…
Pire encore, transis de froid nous ne terminons pas le parcours. La retraite de Russie en moins spectaculaire !
Un chose est certaine, nous n’avons pas joué à notre niveau. Nous n’avons passé aucune mise en jeu digne de ce nom, j’ai gratté et topé un nombre incalculable de coups et mon partenaire qui est habituellement souverain au putting semblait ne pas voir les trous…

Bien sûr, nous avons cherché quelques excuses ! La reprise, le froid, la forme olympique de nos « adversaires » etc.
En fait nous avions commis plusieurs erreurs :
– avoir choisi une compétition, même amicale pour une reprise !
– ne pas être passé par le practice et le putting green…
– avoir mangé juste avant le départ. L’énergie dépensée par la digestion n’était plus disponible pour le jeu et pour nous réchauffer. L’idéal aurait été de manger des sucres lents en bonne quantité vers 10 heures, au pire 10h30 !
– avoir pris une voiturette ce qui prive du bonheur de marcher dans l’herbe, mais surtout du rythme que la marche impose au jeu. Et aussi de la chaleur dégagée par l’effort physique.
– et j’en oublie sûrement !

Bref nous n’avons pas considéré l’affaire avec sérieux et notre défaite est somme toute normale. Le golf est plus qu’un jeu et, faire bonne figure, jouer à son niveau, se mérite par de multiples détails qui entrent dans le rituel.

Mais toutes ces excuses et justifications n’expliquaient pas pourquoi j’avais multiplié les grattes, les tops et erreurs de contact en tous genres.  Allez savoir pourquoi je ne m’en suis pas inquiété, ni pendant le parcours, ni après ?

Mardi 22 mars 2016

Sortie amicale du club sur le Golf des Yvelines. Totale décontraction nous jouons en scramble à trois. Pas d’enjeu d’aucune sorte. L’objectif : jouer entre amis sur un golf où nous n’allons pas souvent et se retrouver autour d’une bonne table après la partie…
Mais c’est reparti, je gratte et je tope !

Quand rien ne va plus : la routine
Golf des Yvelines (78) au détour d’un tee de départ

Enfin, ENFIN une petite lumière rouge clignote au fond de ma conscience : «  Attention ! Rien ne va plus… Ton golf fout le camp ! »

C’est le moment de revenir aux fondamentaux ! Respirer calmement et profondément. Examiner la situation : si je multiplie les fautes de contact les causes peuvent être nombreuses :
– je joue avec les bras ? Non
– je joue sans focus et la balle devient mon objectif ? Oui, possible, dans ce type de partie j’aime bien discuter et plaisanter avec mes partenaires et je le sais, un rien me distrait. Je corrige et prends soigneusement mes focus. Et je tope quand même.
– je ne suis pas en rythme, je ralenti avant l’impact ? Non tout me semble correct…
– je ne tourne pas mon corps correctement. Oui peut-être que j’en fais trop à la montée et pas assez au finish ? Mais normalement ce défaut provoque un slice. Je corrige quand même et je gratte toujours !
je fais du sway ? Mais oui ! J’en fait même des tonnes !
Je stabilise tout ça. Une routine consciencieuse… et la balle s’élève enfin et file loin devant.
L’erreur était là et je la reproduisais à l’infini !

La leçon de ces deux parties calamiteuses ?
Quand rien ne va plus : la routine !

Car heureusement il y a une leçon ! Au golf on ne s’amuse que si l’on joue correctement à son niveau et même un peu mieux.
Le simple fait de ne pas s’amuser devrait être un signal suffisant pour s’alarmer. Le 13 mars à Marivaux, je ne m’étais pas amusé et un comble j’avais mis ça sur des causes extérieures à moi même.
Peut être faudrait-il considérer que si « la force est en nous », nos faiblesses aussi !
Ne fuyons pas. Les raisons de nos échecs ne sont pas à chercher ailleurs qu’en nous. Même les erreurs de préparation avant le départ, manger trop tard, ne pas passer par la case practice, refuser de marcher, trouvent leur origine dans nos ressources mentales mal mobilisées.
Les erreurs techniques paraissent d’une autre nature et pourtant c’est bien souvent dans notre mental qu’il faut en chercher les causes. Inconsciemment j’avais refusé d’accomplir ma routine consciencieusement jusqu’au bout. Jusqu’à la prise d’une bonne posture face à la balle. Une manière de s’écarter du moment présent ?
Or la routine doit être consciente, volontaire. Elle est même la dernière série d’actes conscients à effectuer avant de passer en mode automatique pour le swing proprement dit. Quand la routine est finie, plus rien n’est sous contrôle. Si la routine a été correctement accomplie le coup ne sera peut-être pas génial, mais il sera correct, voire bon ! Et pourquoi pas très bon ? Très bon c’est être un peu au dessus de son niveau, car au golf tout est relatif à ce niveau.
Si la routine est mal faite ou tronquée : rien ne va plus ! C’est le risque à ne pas courir.

Nos erreurs de jeu sont avant tout des erreurs de routine !

Il faudrait l’écrire en lettres d’or à l’entrée de tous les parcours…

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