62 – Le grip de swing

Le beau sujet ! La littérature est déjà abondante sur la question…
Je vais cependant tenter d’y mettre mon grain de sel tout simplement parce que je pense qu’un bon grip est un facteur important pour le mental ! Il est un bon gage de régularité donc de sérénité sur le parcours.

gripIl est admis que dans un swing de golf, les bras ne doivent rien faire. Tous les pros le disent, c’est avec les gros muscles du corps qu’il faut jouer, non avec les bras…
D’accord mais les bras sont quand même là, et ce sont bien eux qui par l’entremise de nos mains tiennent le club.
Si les bras ne doivent rien faire, ils bougent. Nous devons donc les mettre dans les meilleures conditions possibles pour qu’ils bougent de manière utile. En résumé ils ne font rien mais nous comptons sur eux  :

– 1/ pour monter le club « vers le ciel »  afin d’emmagasiner le plus possible d’énergie potentielle de pesanteur, énergie que la gravité* terrestre va transformer en accélération tout au long de la descente ;
– 2/ pour présenter la face du club square au moment de la frappe.

Et pour satisfaire à ces deux impératifs nous n’avons rien d’autre que la façon dont nous tenons notre club : le grip. C’est dire si la chose est importante.

Pour comprendre la gravité, cette vidéo empruntée à Edward Current.
C’est en anglais. En activant les sous-titres il est possible de lire, ce qui est plus facile à comprendre !

L’enseignement du grip

Pratiquement tout livre de golf comporte un chapitre concernant la bonne manière de tenir un club. Les élèves débutants doivent en passer par là avec leur pro.
Nous avons tous eu droit au cours qui distingue trois grips : interlocking, overlapping (grip Vardon) et de baseball.

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© Clarence von Aspern International PGA and United States Golf Teachers Federation

Puis on nous a raconté des histoires de « petit oiseau » à ne pas étouffer, de « tube de dentifrice » à ne pas vider, afin de nous faire comprendre qu’il ne fallait pas se crisper sur son grip. On a tous tenter d’aligner les V des tabatières anatomiques, à la base de nos pouces et de nos index, qui vers l’épaule, qui vers le menton, qui vers l’oreille…
Il faut avoir entendu et enregistré tout ça, c’est utile. D’ailleurs je vous propose une petite révision avec cette vidéo d’Edouard Montaz. (WisdominGolf)

D’accord mais si, sauf accident, nous avons tous deux bras, deux mains et dix doigts, nous ne disposons pas exactement des mêmes possibilités de mouvement.
Aussi fuyez le pro qui affirme péremptoire : «  Ton grip n’est pas bon, voilà comment tu dois tenir ton club ! ». Préférez lui celui qui propose : «  Passons un moment à déterminer ensemble le grip qui sera le plus efficace pour toi. »

La bio-mécanique

Nos membres supérieurs comportent trois articulations principales : l’épaule, le coude et le poignet qui déterminent trois bras de levier, le bras, l’avant-bras, la main.
Afin de profiter au maximum de ces trois leviers pendant tout le swing, nos bras doivent être aussi relâchés que possible. Pour cela il est nécessaire de libérer ces trois pivots.
Or, ce n’est pas seulement un problème de relâchement nerveux car selon la façon dont nous positionnons nos mains nous limitons plus ou moins l’une ou l’autre de ces articulations. Par un simple effet mécanique nous pouvons donc malencontreusement bloquer  plus ou moins une ou plusieurs articulations, nous privant ainsi d’un ou deux bras de levier.
Regardez la vidéo ci-dessous d’Edouard Montaz qui en compagnie d’un kiné met en lumière ce phénomène.

Le meilleur grip est celui qui libère les mouvements des bras tout au long de la totalité du swing, de la montée au finish, en passant par ce stade capital qui porte bien son nom : release, en français libération. Phase qui se déroule du dernier tiers bas de la descente au finish, incluant la frappe elle-même.

Comment reconnaître le bon grip ?

Comment trouver le grip qui nous convient ? C’est celui qui va nous permettre d’exécuter un swing, sans effort. Celui qui ne va créer aucun blocage, aucune tension douloureuse. Celui qui ne va pas faire mal au dos. Celui qui va laisser les poignets s’armer naturellement. Celui qui ne va pas nécessiter de manipuler le club à la montée ou à la descente. Celui qui va envoyer la balle vers le focus choisi !
Et cerise sur le gâteau, ce grip va permettre à l’articulation du coude de jouer librement en rotation laissant le radius et le cubitus de chaque bras « rouler » l’un par rapport à l’autre, facilitant le passage du poignet droit au dessus du gauche à la libération (inversement pour les gauchers) et la mise en bonne position de la face du club au moment de l’impact !

Bref le bon grip c’est celui qui permet de ne plus se poser de questions quand on exécute un swing. De toutes façons, il n’est plus temps ! Le bon grip n’entame ni notre sérénité, ni notre plaisir de jouer au golf !

Où est donc ce grip ?

Il faut le chercher. Le practice est là pour ça. Notre enseignant aussi ! Il faut essayer les trois types de prise. Entre un grip très faible et un grip très fort il est quelque part. Plus vraisemblablement entre un grip neutre et un grip très fort. Il faut tout essayer et trouver le grip qui retourne les bonnes sensations et les bons résultats. Il est peut être là où nous ne l’attendons pas : un grip de baseball fort par exemple !

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De droite à gauche : un grip fort, un grip neutre, un grip faible. Notez la position théorique de la tête de club induite par chacun de ces grips. Théorique car très souvent un grip neutre peut conduire à avoir une face ouverte à l’impact et une balle qui s’enfuit dans le sens du lice ! © jiromyhero.com

Ensuite il ne faut pas être borné, il y a des situations sur le parcours où il faut choisir un grip un peu plus faible ou franchement plus fort pour exécuter un coup particulier en situation inédite voire difficile. Mais quand on a le bon grip, ces adaptations sont plus faciles à exécuter.

Faut-il étouffer le petit oiseau ou le laisser s’envoler ?

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Bien placer le grip dans la main.

Laissons le petit oiseau s’envoler ! Et fichons lui définitivement la paix… Oublions aussi le tube de dentifrice !
Il faut tenir et retenir le club. Il faut éviter qu’il bouge dans les mains en haut du backswing. Pour ça il n’est guère besoin de serrer fort. Surtout si l’on a pris soin de placer le club à la base des doigts afin d’éviter que se crée un espace en haut du club entre la main et le grip. S’assurer aussi de bien étendre le pouce de la main supérieure sur le shaft afin de bien soutenir le club en haut de la montée. Et bien s’assurer d’un total relâchement, juste avant d’attaquer le mouvement vers l’arrière. (Voir l’article sur les limiteurs de vitesse)
Par contre au moment de l’impact et du finish les forces développées sont au paroxysme. Là il faut serrer. Mais il y a fort à parier que notre cerveau fait ça tout seul et très bien. Si nous avons trouvé notre grip sans effort et sans tension pourquoi serait-il nécessaire de se crisper sur son club ? De toutes façons le swing s’effectue en mode automatique. Si nous voulons contrôler tout est perdu…

C’est un point de mental important : le temps d’effort physique, le swing proprement dit, doit obligatoirement être tenu à l’écart de notre machine à penser ! Il faut laisser les automatismes fonctionner. Si nous avons bien préparé le travail, bien effectué notre routine, il n’est plus besoin de penser !

* Pour être tout à fait exact, pesanteur et gravité ne se confondent pas. Sur Terre la pesanteur c’est l’effet de la gravité et un petit quelque chose en moins. En effet, la Terre en tournant autour de son axe a tendance à tout projeter vers l’espace. On nomme ce petit quelque chose « accélération d’entraînement »  ou abusivement « effet centrifuge ».  Mais nous, humains sur Terre, c’est bien la pesanteur que nous ressentons.