57 – Fitting : que pouvons-nous en attendre

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Maintenant que nous avons une idée de ce qu’est un fitting (voir article précédent) et avant de nous lancer dans l’aventure encore faut-il savoir pourquoi. Que pouvons-nous attendre d’un fitting complet suivi de la fabrication de clubs sur mesure ?

Pouvons-nous espérer plus de distance ? Dans l’immédiat, quelques mètres tout au plus. Mais aucun fitting, aucun clubmaker ne saurait transformer un golfeur court en long frappeur…

Que nous apporte un fitting

Par contre un sac harmonisé va nous assurer un meilleur toucher ce qui peut nous apporter plus de régularité, et amener assez rapidement plus de distance. La distance est un long chemin, il ne faut pas être trop impatient.

Souvenez-vous parmi les exigences qui nous conduisent sur le chemin de la régularité nous rencontrons le facteur environnemental, dont la gestion du matériel. Une série bien adaptée offre une grande confiance dans notre matériel, ce qui est primordial.
Le golf, et c’est bien là le fond du problème, est le seul jeu dans lequel on utilise plusieurs instruments différents pour envoyer la balle.

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Pour éviter de déstabiliser le golfeur quand il change de club il faut donc lui proposer des outils :
– dont l’équilibre dynamique (le moment d’inertie) est égal de club en club,
– dont la progression de flexibilité des shafts est homogène
– et qui lui assure une régularité de posture en lui permettant d’avoir les poignets quasiment toujours à la même hauteur, quel que soit le club pris en mains.
Dans l’article précédent je vous disais qu’il n’était pas anodin de couper un shaft. Méfiez-vous des prétendus fitting qui se contente d’une simple adaptation à la taille du golfeur. Couper un shaft c’est prendre le risque de déséquilibrer complètement le club ainsi amputé.
Tom Wishon a écrit des choses intéressantes sur le rôle du shaft ici le PDF de son petit livre « Les 12 mythes qui pourraient ruiner votre jeu de golf » (voir page 14) .

Le bon toucher source de régularité

Le toucher est une notion subjective : nous aimons ou nous n’aimons pas le toucher d’un club. Tout simplement parce qu’il renvoie à notre cerveau des informations en accord ou en désaccord avec nos préférences. J’ai eu un driver, d’une marque pourtant très appréciée, donc le fort bruit de gamelle anéantissait mes derniers moyens… et faisait se retourner tout le monde dans un rayon de 300 mètres.
Tout le travail d’un clubfitter sera de trouver les réglages qui vont renvoyer de bonnes sensations. Rares sont les golfeurs amateurs qui peuvent analyser d’eux mêmes où naissent ces bonnes sensations et pourquoi. Nous sommes dans un processus non conscient qui va faire que nous allons aimer ou ne pas aimer ce que nos mains et nos sens nous renvoient.
Or, nos mains nous renvoient des informations qui concernent essentiellement :
– le poids du club,
– la flexibilité du shaft,
– l’équilibrage du shaft,
– et les vibrations de la tête du club (dont le bruit).

C’est à partir de ces informations objectives que va naître dans notre cerveau une sensation agréable ou non : donc purement subjective.
On comprend mieux qu’un fitting demande du temps, un clubfitter de talent, et du matériel de mesure pour déterminer si une sensation subjective agréable, se traduit sur notre jeu par un progrès objectif, mesurable et répétitif.

Espoirs et limites du fitting

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Cheyenne Woods : bonnes sensations bon finish.

Oui il doit y avoir un gain de vitesse, donc un gain de distance. Mais dans un premier temps là n’est pas l’essentiel. L’essentiel tient dans une plus grande précision et ce de manière régulière. L’amélioration porte sur les deux ingrédients déterminants pour abaisser un index jusqu’à 18 : la précision et la régularité.
Pour aller au dessous de 18, certes il faudra de la distance, mais il y a fort à parier qu’elle viendra toute seule au fur et à mesure que l’index baissera… Et nombre de golfeurs amateurs sont prêts à signer tout de suite pour un index à 18 ?

Ceci étant soyons clairs, nous ne sommes pas dans le monde de la magie. Les meilleurs clubs du monde, taillés sur mesure, ne dispensent personne d’apprendre à jouer au golf de manière cohérente et de travailler sur l’aspect mental et stratégique du jeu. Vouloir jouer au golf correctement demande un certain investissement… en travail et pas seulement en argent sonnant et trébuchant.
De plus la sensation subjective procurée par le toucher peut varier dans le temps et il n’est guère réaliste de se lancer dans un clubfitting suivi d’un clubmaking en se disant que ce seront les derniers clubs que nous achèterons…

Le prochain article traitera du matériel et des réglages opérés par un clubmaker. Autrement dit de la traduction d’un fitting en matériel adapté.

Les autres articles sur le fitting sur ogolfblog :
– Approche globale
– Le clubmaker-Têtes et hosels
 Le clubmaker-Le shaft et le grip