52 – Le putting : promenons-nous sur les greens

Temps de lecture : 7 minutes

Vous l’avez deviné nous allons parler de putting ! Cette phase atypique du jeu de golf dont la finalité est de mettre la balle dans le trou.

Pour ne pas surcharger ce papier, deux articles sont consacrés au putting. Cette phase du jeu vaut bien qu’on lui consacre de la place !
Ce premier article est centré sur la préparation du putt et aborde la routine à exécuter sur le green.
Le deuxième article est plus pratique et traite du grip, du stance, du geste lui-même.

 

Nous entendons souvent dire que tout le monde est capable de bien putter, que ça ne nécessite pas de qualités particulières, qu’il est possible de tenir son putteur n’importe comment, l’essentiel étant d’être dans une position confortable…  Bref ce serait simple ! Dans ces conditions pourquoi tous les golfeurs ne sont-ils pas de bons putteurs ?

Putting
Tout putt a pour objectif d’entrer la balle !

Tout simplement parce que le putting ne demande certes pas de développer une force physique particulière, mais parce qu’il s’agit d’un geste d’une grande technicité et d’une grande précision.

Les quatre grandes constantes

1/ Tout coup joué avec un putter sur le green ou à proximité immédiate du green doit avoir pour objectif d’entrer dans le trou.
Il n’est pas question de s’approcher, de dépasser un peu… Le but c’est le trou. Même un putt très long peut rentrer s’il est bien préparé… et si la chance est au rendez-vous !
Attention cependant, « entrer » doit être un but, pas une obsession. Un but mobilise l’attention, la concentration, une obsession provoque crispation et stress. Au putting, comme sur les départs ou les fairways concentrons-nous, ne nous crispons pas. N’ouvrons jamais la porte au stress !
2/ La bonne conclusion d’un putt dépend pour 80 % de la bonne orientation de la face du club à la frappe.
3/ Il n’y a que trois paramètres à contrôler : la ligne de putt, l’alignement de la face de club, et la vitesse de la balle.
4/ Aucun putt ne ressemble à un autre. Chacun mérite d’être préparé et exécuté avec le même soin. Même un putt court !

Depuis cet article écrit en octobre 2015  j’en ai rédigé un autre sur le putting en novembre 2017 : « Une routine de putting pour déjouer les pentes« .
Ce dernier article n’annule pas celui-ci mais le complète en proposant une méthode performante de lecture des pentes.

La ligne de putt

Nous l’avons remarqué les greens regorgent de subtilités pour nous faire déjouer. Pentes, contre-pentes, fausses pentes, plateaux, les architectes ne sont jamais à court d’imagination.

putting
La détermination de la ligne de putt est le gage de la réussite. Ici Jack Nicklaus en 1972

Il va falloir dans un premier temps faire une lecture du green pour débusquer tous les pièges qui nous sont tendus. De ce premier travail va dépendre le choix de la ligne de roulement, ou ligne de putt qui va conduire la balle de sa position de repos au trou. De la détermination de cette ligne va découler l’alignement du club et la vitesse qu’il va falloir donner à la balle pour qu’elle reste sur sa trajectoire idéale.
Cet examen se fait en deux temps en utilisant les deux modes de fonctionnement de notre vue : la vision globale et la vision ponctuelle (voir l’article consacré à la vision humaine).

Pour la vision globale, mettons à profit le temps de marche pendant les 50 derniers mètres avant le green. C’est le meilleur endroit pour percevoir la physionomie générale du green. Majoritairement de quel côté penche-t-il ? Ne serait ce que pour évacuer l’eau de pluie ou d’arrosage il a besoin d’une pente, même légère. Et il est important de la percevoir. S’il y a un obstacle d’eau à proximité du green il y a de fortes chances pour que la pente aille vers lui.

Puis vient le temps de faire intervenir la vision ponctuelle dans notre examen. Nous sommes sur le green et tout de suite nous entrons dans la routine de putting. Chassons les pensées parasites, plaçons nous résolument dans le présent. Que le putt à venir soit long ou court, la situation nécessite lucidité et sans-froid !
• En toute saison, en arrivant sur le green, marquer sa balle, la relever et la nettoyer. Mesurer en marchant la distance qui la sépare du trou. Examiner ce dernier avec soin. Penche-t-il ? Y a-t-il près de lui des petites pentes vicieuses qui pourraient influencer la trajectoire de la balle au moment où elle sera la plus sensible, en pleine perte de vitesse ?
• Il faut maintenant percevoir les pentes. Une astuce : on les voit mieux depuis le bas quand elles montent face à nous. Il faut donc faire le tour complet de la situation. Avec un peu d’habitude l’affaire ne prend que quelques secondes. Si vous n’êtes pas le premier à jouer vos co-compétiteurs ou vos amis de jeu ne s’en rendront même pas compte…
• Nous disposons alors de toutes les données dont nous avons besoin. Rendez-vous à la marque que nous avions laissé. Replacer la balle sans enlever la marque. Prendre quelques mètres de recul et en fonction des données recueillies se poser quelques questions :
– connaissant la topographie du terrain proche du trou, à quel endroit précis la balle peut-elle entrer dans le trou ?  En général depuis notre position il n’y en a pratiquement qu’un ! Tout au moins il n’y a q’une petite portion de la circonférence du trou par où la balle peut entrer. Notre cerveau à besoin de cette précision extrême.
– compte tenu des pentes repérées qu’elle ligne doit suivre la balle pour atteindre le trou précisément au point d’entrée ? Visualiser cette ligne sur toute sa longueur. Voir la balle rouler le long et entrer dans le trou par le point prévu. Il peut être nécessaire d’affiner, de prendre plus ou moins de pente ici ou là.
Parfois il peut être utile de se placer au milieu de la ligne de putt et de tester la deuxième moitié qui sera parcourue à plus faible vitesse en simulant un putt de cet endroit. La ligne est-elle toujours bonne ?
– passer de l’autre côté du trou et éprouver la ligne depuis ce nouvel emplacement. Est-elle jouable avec succès ?

Une astuce. Si finalement, tout ayant été fait, nous ne voyons pas de pente, ne pas en imaginer : putter droit vers le trou !

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Ce livre date un peu mais il est quand même plein de bons conseils

L’alignement du club

Revenir à la balle. Nous avons maintenant la ligne de putt. La question est alors unique : vers quelle direction faut-il faire partir la balle pour qu’elle tienne la ligne ?
Faire deux simulations : une dont on sait par avance qu’elle enverra la balle trop bas, puis une dont on sait qu’elle la fera passer au dessus du trou. La bonne direction est entre les deux… Et là il va falloir faire confiance à nos sensations éduquées par la pratique. C’est en envoyant la balle dans cette direction que j’ai une bonne sensation ?Je peux visualiser la balle roulant sur la ligne jusqu’au trou pour entrer ? C’est la bonne direction.  Reste à orienter la face du putteur bien perpendiculaire à cette direction. Le joueur joue droit ! Pas besoin d’inventer un effet quelconque, c’est la pesanteur qui va guider la balle et la faire tourner dans la pente ! «Tous les putts sont droits»  disent les pros…

 

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Pour aider à l’alignement de la face du putter il est possible d’utiliser une ligne tracée sur l’équateur de la balle.

Deux manières de procéder, pour bien aligner la face du club : soit prendre un repère d’alignement quelques centimètres devant la balle, soit orienter dans la bonne direction une ligne tracée au préalable sur l’équateur de celle-ci.
L’un ou l’autre de ces repères vont nous permettre d’aligner notre club. Au putting la réussite se joue au degré près, il convient d’être précis.

La vitesse de la balle

À l’évidence, la balle ne va tenir sa ligne que si elle est dotée de la bonne vitesse, ni plus ni moins. Nous allons devoir faire confiance à notre cerveau. Il sait bien instinctivement nous donner la bonne vitesse pour jeter une boule de papier dans une corbeille…
Il connaît le green, les pentes, il sait si nous sommes en montée ou en descente. Il sait tout. Nous pouvons lui offrir une petite aide en nous inspirant de ce que fait Christian Cévaër.

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Christian Cévaër à l’Open de France 2007

 

La méthode de Christian Cévaër pour étalonner son swing de putting

Sur le putting green du golf, Cévaër étalonne son swing de putting en jouant trois balles. Il choisit un endroit le plus plat possible. Marque son point de départ, prend son stance type et putte les trois balles dans la même direction en prenant un backswing qui amène le club à la hauteur de son pied arrière.
Puis il détermine le point central par rapport aux trois balles jouées, le marque avec un tee et refait la même chose en jouant vers son point de départ originel. De nouveau il détermine le point central et le marque. Il considère alors que la distance qui sépare les deux marques est celle qu’il parcourt aujourd’hui sur les greens de ce golf avec cette longueur d’élan. Par exemple six pas.
Une vidéo explique cette technique sur GolfInfinity

 

Comme nous avons étalonné notre swing en utilisant la méthode ci-dessus en encadré, que nous avons mesuré en marchant la distance à parcourir et que nous connaissons les pentes, nous pouvons en déduire s’il faudra un backswing supérieur ou inférieur à notre pied arrière. Ce n’est pas un instrument de haute précision, juste une aide.
Il ne reste plus qu’à faire un ou deux coups d’essai, puis relever sa marque, affiner son grip de putting, aligner soigneusement sa face de club, prendre son stance correctement, bien visualiser encore une fois la balle sur sa ligne de putt en train d’entrer dans le trou à l’endroit que nous avons déterminé. Fixer ce point pendant 4 secondes. Il est temps de laisser son cerveau prendre les commandes pour jouer sans plus tarder.

« Je n’ai jamais joué un coup, même au practice, sans en avoir une image très précise dans la tête. » Jack NICKLAUS

Voir l’article suivant pour découvrir les subtilités du grip de putting, du stance et du geste.