32 – La vision humaine, outil de précision du golfeur

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La vision humaine est un phénomène global qui ne concerne pas uniquement les yeux mais fait appel à de nombreuses ressources dans notre cerveau.

La vision est la perception que nous avons des rayons lumineux émis ou réfléchis par notre environnement. Elle met en œuvre des processus physiologiques et psychologiques. L’œil est l’organe récepteur de la vue mais il n’est pas seul à intervenir dans le mécanisme de la vision.
Quels rapports avec le golf ? Tentons de comprendre.

La vision humaine est globale

L’homme voit la forêt avant l’arbre. Contrairement à la plupart des animaux y compris les primates, il met en œuvre une perception visuelle globale avant de percevoir ensuite les détails.
Cette capacité permet une reconnaissance rapide et efficace de tout ce qui nous entoure. Nous partageons cette capacité avec les abeilles.
Cette vision globale permet au golfeur d’analyser d’un seul coup d’œil la configuration d’un trou. Du moins la partie qu’il peut voir depuis son point d’observation.
Grâce à cette faculté nous disposons  de temps pour placer sur cette image globale les choses intéressantes comme les bunkers, les arbres, les obstacles d’eau, mais aussi le point le plus propice pour y placer notre balle en préparation du coup suivant.

La vision humaine est ponctuelle
Danielle Montgomery

Aucun paradoxe par rapport au paragraphe précédent ! Ici nous parlons de la vision nette, celle qui se crée au centre de la rétine sur la fovéa. Le champ de vision délivré par la fovéa est de 5 degrés autour du point observé.
La vision humaine n’est ni instantanée ni fluide. Elle se fait de manière ponctuelle et rapide au rythme de 40 unités  d’information (images) par seconde.
Cette succession rapide d’images nettes est de première importance pour la précision de notre vision et pour guider notre cerveau dans l’accomplissement de gestes ayant un but précis, extrêmement précis même.
Pour petit qu’il soit, un trou de golf est encore un objectif trop vague pour notre cerveau. Au putting il va falloir être plus précis. C’est le point exact où nous voulons faire entrer la balle dans le trou qui va être notre objectif. Il est donc primordial de savoir déterminer précisément ce point de chute.
D’autres écoles comme PuttingZone recommandent de regarder l’arrière du trou, pour éviter que la balle ne stoppe juste sur le point d’entrée, sans tomber.

Edouard Montaz vous explique comment déterminer ce point d’entrée. Ses 4 vidéos consacrées au putting sont à la fin de cet article. Regardez les  jusqu’au bout et appliquez la méthode. (Visitez le site internet d’Edouard Montaz)
Il est aussi possible d’effectuer un stage PuttingZone un ensemble de techniques mises au point pas Geoff Mangum vous y seront enseignées. Les pros de nos clubs sont de plus en plus nombreux à acquérir la certification PuttingZone.

Global ou ponctuel ?

Ce n’est pas toujours facile à détecter mais inconsciemment, dans notre vie quotidienne, nous accordons une préférence à la vision globale ou à la vision ponctuelle. Et nous devons tenir compte de cette prédisposition dans notre jeu de golf.
À part au putting où la vision ponctuelle doit être mobilisée pour désigner au cerveau le point d’entrée de la balle dans le trou, les « globaux » n’ont aucun intérêt à se concentrer sur un endroit précis.  Aussi, « global » ou « ponctuel », quand nous avons déterminé notre cible, laissons agir notre cerveau. Il a ses habitudes de fonctionnement, ne le forçons pas si nous ne voulons pas le déstabiliser.
À ma connaissance, mais je ne connais pas tout, seul Joël Bernard inclut dans ses formations un test destiné à mettre en évidence la préférence de ses élèves. Il peut ainsi déterminer le « profil inné de golfeur » de chacun. Ce module ne fait pas partie des vidéos gratuites qu’il met sur internet mais vous pouvez en avoir une idée en regardant « les 7 piliers d’un swing régulier » .

La persistance rétinienne n’existe pas

La persistance rétinienne est un mythe ! Elle a été conceptualisée au début du XXème siècle par ceux qui ont voulu expliquer comment le cinéma recrée le mouvement à partir d’images fixes qui se succèdent.
Ce que l’on nomme persistance rétinienne est la capacité de l’œil et du cerveau à superposer une image déjà vue aux images que l’on est en train de voir. En fait c’est le temps de traitement biochimique des signaux optiques par la rétine plus leur temps d’acheminement vers le cerveau qui crée cette illusion de persistance. Elle est plus forte et plus longue si l’image observée est lumineuse.

Pourquoi casser ce mythe ? Quand notre pro nous dit : « Fixe longuement ta cible, et profite de la persistance rétinienne pour continuer à la voir quand tes yeux se portent sur ta balle. Puis swingue vers ta cible » il faut entendre « gardes bien l’image de ta cible en mémoire de travail pour swinguer dans sa direction ».
C’est important car notre mémoire de travail sait faire des tas de choses qu’un phénomène passif de persistance ne saurait pas faire : situer précisément la direction du lancer de club par exemple ou  évaluer la distance à parcourir.
Personnellement je n’ai jamais pu voir l’image de ma cible persister dans mes yeux. Quand j’ai compris qu’il fallait mobiliser ma mémoire tout à changer…
Notre cerveau est une machine merveilleuse.  Laissons le travailler sans l’encombrer de notions fausses donc inutiles et contre productives.