24 – Le golf selon Percy Boomer

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Mais pourquoi donc parler encore d’un vieux bouquin écrit dans les années 1940 ? Descente dans le passé du golf et retour vers le futur !

Percy Boomer est né en 1874 sur l’ile de Jersey, dans le même village qu’Harry Vardon. Il est décédé en 1949. Champion de golf presque malgré lui, il a préféré se consacrer à l’enseignement et de 1913 à 1940 il enseigna en France sur le golf de Saint-Cloud, avec une interruption pendant la Première guerre mondiale.
Il n’a écrit qu’un livre « On Learning golf » qui vient tout juste d’être publié en français en 2014 aux Éditions Albin Michel sous le titre « Le Golf » .
C’est un ouvrage délicieux. Le gentlemen perce à chaque instant derrière cette langue un tantinet désuète.

Percy Boomer : Swinguer dans un tonneau
Swinguer comme dans un tonneau

Dès l’introduction nous sommes prévenus : « Ce livre n’est pas consacré à la science du golf, mais à son apprentissage » ou encore : « je joue et j’enseigne en me référant aux sensations » . Puis l’auteur nous parle de lui, d’où il vient, comment il est tombé dans le golf tout petit, ses succès, son frère Aubrey plus doué que lui et finalement sa préférence pour l’enseignement du golf.
Puis il entre dans le vif du sujet et nous donne tout de suite les quatre facteurs qu’il juge importants au golf : (je cite)

« 1 – Chaque coup de golf réussi résulte d’une relation satisfaisante entre les aspects psychologiques et physiques.
2 – C’est cette relation qui offre contrôle et régularité.
3 – Cette bonne relation se développe plus facilement et plus solidement si les exigences musculaires et mécaniques du jeu ont été simplifiées.
4 – Il est souhaitable d’apprendre à jouer le maximum de coup différents possibles avec le même mouvement. »

Et il développe ces quatre idées tout au long de son livre en les illustrant d’exemples et de multiples anecdotes choisies.

Percy Boomer
Une des premières éditions

Au long des chapitres il prend son temps pour nous expliquer l’importance des sens et des sensations.
Il s’attarde sur ce qui, selon lui, constitue la « Première source de bogey » c’est à dire la « volonté bien déterminée de  mettre la balle sur le green et dans le trou » qui fait oublier le moyen par lequel il faut agir pour obtenir une conclusion heureuse.

Le Golf
L’édition française

Il dit aussi « rien ne rend une action physique plus difficile que la concentration » et d’en conclure « un golf régulier dépend de notre capacité à interdire l’accès de notre machinerie mentale à la part de nous-même qui joue les coups de golf ». Le swing est un geste mécanique qui n’a rien à gagner à mobiliser notre mental…

Puis il passe à l’apprentissage lui-même. Le swing qui tient sa puissance de l’ancrage au sol du golfeur, la posture, le jeu des hanches et des épaules, le rôle des bras, l’action des poignets. Il consacre un chapitre aux « yeux sur la balle » et à la nécessité de l’oublier, de swinguer le club dans une direction. Il développe le sens du swing intérieur-extérieur, jusqu’au finish, traite longuement du rythme, de la confusion entre force, précipitation et vitesse.
Et il termine sur le putting avec cette affirmation qui globalise l’ensemble de son enseignement : « je putte comme je drive » .

Tout le golf moderne, quasiment tout ce que développent les pros les plus en pointe aujourd’hui est dans le livre de Percy Boomer. Certains ont vraisemblablement réinventé ses techniques d’enseignement sans le savoir, preuve qu’elles allaient dans le bon sens. D’autres les ont améliorées et en ont fait des méthodes cohérentes.
Voilà pourquoi il faut avoir lu ce livre, écrit il y a plus de 70 ans.