16 – Réflexion / Action ou le cerveau à la manœuvre

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J’en ai déjà parlé mais le concept de zone de réflexion / zone de d’action mérite un article à lui tout seul.

Le concept de zone de reflexion / zone d’action intervient à la fois comme une aide à la décision et comme un facilitateur d’action.

Allez entrons dans les détails. Travaux pratiques !
Posons notre balle sur son tee. Deux tees et un bout de ficelle de 2 mètres suffiront pour compléter notre environnement.

Un mètre derrière la balle avec notre ficelle matérialisons une ligne perpendiculaire à la ligne de jeu.
Nous venons de tracer la ligne de décision. Derrière se situe la zone de réflexion, devant la zone d’action.

cerveauLe dispositif pratique ne saurait être plus simple. Par contre tout ce qui se passe dans l’une et l’autre zone est plus complexe.

On avait l’habitude de dire qu’en zone de réflexion notre cerveau gauche prenait  le pouvoir. À lui le boulot intellectuel, les analyses, les calculs, le raisonnement  dans le dur, évaluation des distances…
Alors qu’en zone d’action le cerveau droit siège de l’instinct, des sensations, des images, de la sensibilité s’emparait des commandes.

Disons le tout net : rien n’est moins sûr ! Dans les dix dernières années les neurosciences, grâce notamment à l’imagerie fonctionnelle du cerveau, ont mis à bas le mythe. À peu près toutes les fonctions effectuées par le cerveau mobilisent des ressources dans les deux hémisphères. En l’état actuel des connaissances il est plus juste de dire que notre cerveau fonctionne selon deux modes, l’un conscient, qui réfléchit, prend des infos, avec lequel nous discutons… l’autre inconscient qui passe à l’action quand le mode conscient lui en donne l’ordre.

Qu’est ce que cela change pour nous golfeurs ? Pas grand chose ! Mais il n’est pas inutile de savoir que les automatismes comme ceux du swing de golf sont stockés par le mode inconscient dans notre mémoire procédurale.   Et qu’une fois lancé, il est inutile, voire complètement contre productif, de vouloir contrôler son swing de manière consciente. Percy Boomer, sur son intuition et son expérience, écrivait il a plus de 70 ans :  « un golf régulier dépend de notre capacité à interdire l’accès de notre machinerie mentale à la part de nous-même qui joue les coups de golf » (On Learning golf).

Il ne faut jamais perdre de vue que le cerveau dont nous sommes tous équipés est le même que celui de nos lointains ancêtres de la préhistoire. Il ne nous accompagne plus au quotidien pour des activités de vie en milieu difficile voire hostile, mais il sait toujours le faire. Sa fonction première reste d’assurer notre intégrité physique. Pour ça, il sait analyser une situation, il sait prévoir, il sait mémoriser, il sait apprendre, il sait reproduire, il sait évaluer une distance, il sait avoir peur… Il sait même bâtir des hypothèses et éveiller des sensations.

Nous ne sommes plus chasseur-cueilleur. Au golf nous ne chassons pas, cueillons peu et ne craignons pas trop les prédateurs, nous pouvons alors utiliser ce magnifique appareillage pour… jouer !

EN ZONE DE RÉFLEXION

Nous allons recueillir tous les paramètres dont nous avons besoin pour notre coup de golf. Sans nous poser la questions de savoir si c’est de l’analyse ou du sensible.

Le lie de la balle, la topologie du terrain, les conditions météo, notre cible et sa pertinence par rapport au coup d’après, la distance qu’il conviendra de parcourir, le coup que nous voulons jouer donc notre focus, l’endroit où la balle devra toucher le sol, la visualisation du vol de la balle et son chemin de roulement, le club qui va permettre d’assurer ce coup…
Ce club je le prends, le ressens dans mes mains, mes bras, mes poignets, mes épaules. Je fais un coup d’essai, deux coups d’essai si nécessaire.
Est-ce que je visualise bien mon coup.  Je prend mon alignement en choisissant un point caractéristique devant ma balle en direction de mon focus : une herbe, une brindille…

Il ne manque plus rien ? Alors je franchis la ligne de décision.

EN ZONE D’ACTION

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Un dernier coup d’œil au focus

D’abord un dernier coup d’essai complet, 20 cm en retrait de la balle. Je pose la tête de club comme si elle était derrière la balle,  grip devant mon sternum, alignement en fonction du coup que j’ai décidé de jouer, où est mon focus ? Posture. Coup d’essai jusqu’au finish. Il est bon ? Non ? Je recommence. Il est bon ? Oui ! J’ai 15 secondes pour que ce bon coup d’essai reste reproductible en l’état par mon cerveau qui sait le garder en mémoire pendant ce court laps de temps.
J’avance à petits pas vers la balle, mon club est en place. je vérifie : orientation de la face de club en fonction du repère que j’ai précédemment choisi, grip, posture, alignement de mon corps. Un dernier coup d’œil à mon focus pour l’imprimer dans ma mémoire de travail, pour donner une dernière indication de distance à mon cerveau…
J’opère une dissociation pour m’observer, devenir spectateur de mon corps qui effectue ce swing.
Est-ce que je ressemble à un golfeur ?

SWING en rythme ! La balle ? Et bien elle est là bas, sur ma cible…