119 – La régularité au Golf

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Prudemment Alex d’iGolfPro a titré son livre : « La régularité au golf. Est-ce vraiment possible ? » Bonne question ! Est-il possible d’être régulier au golf ? Il serait tout aussi légitime de se demander s’il est possible d’être régulier partout : à l’école, au boulot, en amour… Mais restons sur le Golf.

Aujourd’hui, on cherche à nous vendre de la régularité à toutes les sauces. Dans un article publié en 2015 j’avais tenté de montrer que cet objectif était tout simplement surhumain. La régularité n’est pas de ce monde ! Au golf nous devrons nous contenter de moyennes bâties à coups de hauts et de bas.

Dans ce contexte, Alex ne nous promet pas l’excellence tous les jours, à tous les instants. Il veux nous mettre sur le chemin du meilleur golf possible pour chacun d’entre nous. Nous ne gagnerons pas tous le Master, mais nous pouvons tous espérer prendre beaucoup de plaisir à jouer au golf pendant de nombreuses années. N’est-ce pas l’essentiel ?

La régularité au golf, Genèse d’une méthode

régularité au golf

Dans la première partie de son livre Alex nous révèle une bonne et une mauvaise nouvelle :
– la mauvaise est que la régularité n’existe pas. Il va falloir faire avec ;
– la bonne est que notre golf se dérègle toujours de la même manière. C’est une chance quand il faut retrouver son jeu

Face à ce double constat il ne nous promet pas la régularité, il nous propose d’être « indépendant golfiquement ».

Le mot intéressant dans cette expression est bien sûr « indépendant ». Alex nous l’explique en retraçant son parcours personnel. Il a successivement découvert et testé :

– Les structures spécialisées d’entrainement intensif : « Évidemment ça n’a pas marché car la méthode était basée sur l’enseignement d’un swing modèle »

– Un coach mental : « Au final ça m’a appris beaucoup de choses théoriques… Ces concepts étaient bien trop abstraits et non vérifiables… il en découle une grande frustration, une perte de confiance en soi ».

– Jim Hardy, rencontré lors d’un stage de certification, « véritable référence mondiale dans l’enseignement du golf ». Un enseignement basé sur le contact avec la balle et le swing, caractérisé sur un ou deux plans.

– L’approche de la biomécanique avec Action-Types et Volodalen.

– Henry Bouton, expert en routine de golf qui est aux commandes de celles de Jason Day et Justin Rose et qui a inventé un outil, le FocusBand permettant de vérifier le passage du cerveau du mode conscient au mode inconscient.

À partir de cet ensemble d’expériences, de rencontres et de découvertes Alex a élaboré sa méthode d’enseignement du golf qu’il baptise 3C pour Constance, Contact et Concentration. C’est cette méthode qu’il nous présente dans son livre.

Jim Hardy est un coach américain qui officie aujourd’hui au sein de The Plane Truth (Le plan vérité), une structure d’enseignement du golf qui s’adresse aussi bien aux amateurs qu’aux coaches professionnels de golf.
La philosophie de cette formation repose sur une idée de John Jacobs un ancien pro, lui aussi légendaire : « Le seul but du swing de golf est de produire un impact répétitif correct. La méthode employée n’a pas d’ importance tant qu’il est correct et répétitif « 

Jim Hardy est l’auteur de plusieurs livres, jamais traduits en français, que l’on peut trouver notamment sur Amazon.
Parmi ces livres, il publie en 2005 « The Plane Truth for Golfers » (Le plan vérité pour les Golfeurs) dans lequel il postule qu’il n’existe que deux catégories de golfeurs : ceux qui swinguent sur un plan et ceux qui swinguent sur deux plans (voir plus bas : « Le swing sur un plan et le swing sur deux plans »).

Retours d’expériences

La deuxième partie du livre est consacrée à des témoignages d’anciens élèves. Au delà de la quantification des progrès réalisés par ces élèves, cette partie dévoile des pans de la pédagogie mise en œuvre par Alex dans ses programmes de formation. Car dans tout acte d’enseignement il y a bien sûr le contenu, mais aussi la façon de transmettre ce contenu : la pédagogie.

Les mots clés de cette pédagogie sont individualisation, autonomie, consentement, continuité… Tout part de l’élève tel qu’il est. On retrouve là les apports de la biomécanique.

Pour contourner certains blocages, Alex va mettre l’accent sur la routine ou redonner du sens et une finalité nouvelle au coup d’essai.

Tous ces élèves avaient une forte motivation mais non soutenue pas des actions concrètes et adaptées à leurs cas.

Alex conclut ce chapitre d’une phrase en forme de sentence :

« L’action permet d’apprendre alors qu’apprendre ne permet pas de passer à l’action… C’est le fait d’agir qui permet d’apprendre ».

Les trois étapes du succès

Le livre entre là dans le détail de la méthode 3C développée par Alex

1 – La biomécanique

Titre du chapitre : « La biomécanique à la racine de votre succès » ! Et effectivement l’une des bases de l’approche d’Alex repose sur une étude biomécanique du golfeur.

Le but est d’utiliser la façon naturelle dont chacun bouge pour l’amener au meilleur niveau de ses performances.

Ainsi on distingue les golfeurs selon :

La posture

Le golfeur est ancré ou léger (terrien ou aérien diront d’autres) et prend appui soit sous la malléole de la cheville soit sur l’avant des pieds.

Tiger Woods à gauche est léger, Jason Day à droite est ancré.

La rotation du corps

Le point de rotation du joueur est au niveau de ses hanches ou au niveau de ses épaules. On parle alors de point mobile bas ou de point mobile haut.

La jambe pivot

La jambe pivot ou jambe tige du golfeur est la jambe avant ou la jambe arrière sur laquelle il prend appui à la montée.

Le swing sur un plan et le swing sur deux plans

régularité au golf

Le corps et les bras du joueur tournent ensemble : swing sur un plan.
Ou ses bras montent vers la verticale alors que le corps tourne : swing sur deux plans.

Tous ces paramètres, posture, rotation, jambe pivot swing sur un ou deux plans caractérisent un joueur et déterminent un profil biomécanique dont l’enseignant devra tenir compte.

2 – Le vol et le contact de balle

Tout d’abord Alex demande à ses élèves de voir à quel endroit de la face du club leurs balles sont frappées. Dans le sweet-spot, vers la pointe, au talon, en haut du club ou en bas.

Cette analyse permet de déterminer où l’instructeur doit agir. Il a 3 choix qu’il peut coupler.

Le plan de swing

Plan de swing qui n’a rien à voir avec le swing sur un ou deux plans. On distingue 3 types de plan de swing :
1 – la trajectoire de la tête de club est horizontale à la montée et verticale à la descente ;
2 – la trajectoire est la même à la montée et à la descente ;
3 – la trajectoire de la tête du club est verticale à la montée et horizontale à la descente

Aucun type de plan n’est meilleur que les autres. Ils doivent juste être en accord avec la biomécanique du joueur.

L’angle d’attaque

L’angle d’attaque est horizontal ou vertical. Il peut-être descendant ou remontant… Longtemps il a été considéré qu’il dépendait de la position de la balle dans le stance.
En fait Alex répond : « Il faut toujours raisonner par rapport à votre vol de balle et à votre contact de balle et ensuite remonter vers votre biomécanique pour trouver les meilleures solutions ».

Le release

Dans le swing, le release se situe entre le milieu de la descente à la mi-sortie. Dans les deux positions le club est horizontal. Alex distingue deux types de release qu’il nomme gifle Bubba et gifle Rory.

régularité au golf

La gifle Bubba fait passer la tête de club d’une position ouverte à une position fermée. Dans ce cas, pendant le release, la main arrière roule au dessus de la main avant et la face de club finit tournée vers le bas. C’est ce que pratique Bubba Watson. C’est ce qui est traditionnellement enseigné par la majorité des pros. C’est une bonne solution pour donner des effets.

Le gifle Rory est pratiquée par Rory McIlroy. Dans ce cas la tête de club reste square par rapport à la trajectoire du club et finit tournée vers le ciel. C’est une bonne solution pour obtenir des balles plus droites.

En réalité aucune des deux techniques n’est meilleure que l’autre. Tout simplement l’une des deux convient mieux à untel qu’à untel et inversement ! Là encore c’est la biomécanique qui parle !

3 – Passer du mode swinguer au mode golfeur

Ou comment passer du practice au parcours ? Pour Alex la question est tranchée : une bonne routine est la meilleure arme pour aborder le parcours.

Le but de la routine est de vous amener à jouer en mode automatique en restant positionné dans le présent.
C’est dans cette partie du livre que sont abordés le coup d’essai et l’importance de la respiration.

Je ne pense pas utile de détailler tout ce que le livre aborde à propos de la routine, mais vous l’aurez compris il s’agit bien plus que de faire un coup d’essai sans but et de prendre un point de repère devant la balle sans objectif.

Conclusion

Alex d’iGolfPro conclu, je cite : « La méthode 3C est le système le plus fiable qui va vous permettre de passer un cap dans tous les secteurs de jeu, que ce soit pour gagner en précision, en distance et en régularité. »

Pour terminer il donne 3 conseils :

1 / N’écoutez pas vos amis, même s’ils vous veulent du bien. Leurs conseils sont plus destructeurs que constructeurs.

2 / Ne faites pas l’erreur de réinventer la roue. Fiez-vous aux bonnes recettes qui ont fait leurs preuves.

3 / Ne partez pas à l’aventure seul. Choisissez le bon instructeur qui saura vous conduire sur le chemin de votre meilleur golf.


Pour tous renseignements sur la méthode 3C et le Centre d’Entraînement en Ligne iGolfSchool, c’est ici.